Oclup'

Ina #16

[…] Grande nouveauté à Symphonie puisqu’il s’agissait de la première célébration en l’honneur d’une humaine, la fête intrigua un bon nombre d’Ethos. Un flux de créatures commença à déferler à travers la grande porte du Temple d’Arlys. Les sentiments d’Ina étaient mitigés, elle se sentait à la fois gênée de cette attention toute particulière de la gardienne d’Arlys, excitée de mettre ses plans à exécution et inquiète du déroulement de la soirée. La joie d’avoir enfin retrouvé un semblant de foyer et la frustration d’être coincée sur cette île d’êtres infiniment plus puissant.e.s qu’elle s’étaient mélangées et l’encourageaient à profiter des festivités. […]

Ina #15

[…] Longeant la côte depuis leur départ du canal de la Baie des Loups, Ina scrutait l’étendue verte d’épines qui précédaient la plage de coquillages puis la colline de Dar Ys. Le bateau de Haju était un navire de fortune, mais néanmoins largement suffisant pour éviter les récifs peu escarpés et les vagues fluettes du climat d’Arlys. Les imposants vêtements qu’elle portait sur ses épaules l’étouffaient et la transpiration dégoulinait sur son visage. […]

Ina #14

[…] Assoiffée, affamée, glacée et prostrée dans un coin de sa geôle, elle tendit néanmoins l’oreille. Un léger cliquetis suivi d’un bruit de pas légers et diffus semblèrent se diriger dans sa direction. Cette démarche discrète et hasardeuse ne ressemblait aucunement à celle du maître des lieux. La porte fut crochetée avec prudence et elle s’ouvrit graduellement de sorte à éviter un quelconque grincement. […]

Ina #13

[…] Ce détournement de conversation irrita Ina mais ses yeux suivirent tout de même la direction des siens. Un homme en armure tentait de traverser la tempête pour atteindre le château. L’intérêt que Mime portait à cette situation enivra la jeune femme et elle fut rapidement captivée par la suite des événements. Le guerrier s’approchait désespérément du bastion, luttant de toutes ses forces contre le vent. Sorti de nulle part, un loup gris colossal à la fois majestueux et trapu se lança sur lui. […]

Ina #12

[…] Rictus lugubre aux lèvres, l’énigmatique inconnue ne cessa d’énoncer d’étranges propos, de formuler de sordides questions et d’étaler d’ignobles tortures avant d’être contrainte par Mime de se taire. Une incompréhension énorme captura l’esprit d’Ina, et elle s’imagina alors les sévices endurés par son ami du Nord et qu’elle subirait sans doute sous peu. Loki attendait vaniteusement sur le seuil. Ina sentit le regard brûlant de Mime s’éloigner pas à pas tandis que I’hôte ouvrit graduellement la porte et l’incita à s’engouffrer dans la chambre. […]

Ina #11

[…] Ina reprit conscience dans une chambre inconnue, dans une ville inconnue, dans une région inconnue et le seul indice qu’elle décryptait sur sa localisation était qu’il y régnait une atmosphère gelée. Le souvenir de son enlèvement refit aussitôt surface et ses yeux passèrent promptement sur les blessures violettes cerclant les poignets de la jeune femme. Personne ne vint vérifier si elle s’était éveillée, mais des bruits de pas se faisaient entendre dans le couloir. Une de ses curieuses oreilles se colla à la porte pour savoir ce qu’il se tramait, et soudain la porte s’ouvrit, lui donnant un gros coup sur le front et la faisant tomber à la renverse. […]

Ina #10

[…] Ina n’en perdait pas une miette. Il lui arrivait de temps à autre de revenir en arrière, feuilletant frénétiquement les pages du livre de Rose. Il ne s’agissait pas d’arbres généalogiques ou d’autres archives politiques mais bien du texte canon religieux de cette étrange société ardente. La jeune femme imprimait dans son esprit le moindre mot de ce mythe lorsqu’elle entendit un bruit. Un grincement de porte. Quelqu’un venait d’entrer à son tour dans la bibliothèque. Ina referma doucement l’ouvrage afin de le replacer discrètement à sa place initiale. […]

Ina #9

[…] Ses pieds nus dévalèrent les froides marches de marbre, l’herbe glacée de la plaine, le sable humide, les graviers de la forêt de pins puis se réfugièrent dans la cabane en bois. Des craquements terrorisèrent son esprit durant des heures et la nuit tomba, amenant avec elle les hululements des oiseaux de nuit et leur sinistre mélopée. L’humidité de la nuit mélangée aux senteurs vives des pins fit frisonner Ina. Elle se recroquevilla, espérant ainsi lutter contre le froid glacial venu du Nord, lorsque l’échelle de la petite cabane grinça sous le poids de quelque chose. Elle attrapa un vieux bâton et l’agrippa de toutes ses forces. […]

Ina #8

[…] Au-delà des pins, des cascades verdoyantes se profilaient à l’horizon. L’endroit qu’Hélios s’impatientait de voir était le lac de l’Est, une volumineuse étendue d’eau dans laquelle naissait, selon ses dires, les Ardent.e.s de la région. Seule source d’eau potable d’Arlys, elle était aussi l’habitat du nombreux.ses ondin.e.s et nymphes. Le lac semblait avoir été crée artificiellement. Occupant de larges terrasses irriguées, le fluide s’écoulait en cascades de diverses tailles. Quelques ruisseaux, entourés d’abondantes pierres déposées là volontairement, s’échappaient sur les côtés. Des saules s’éparpillaient tout autour de cette lagune, plongeant fièrement leurs racines tortueuses dans l’écume. […]

Ina #7

[…] La grandeur des pins, leurs racines sinueuses sortant de la terre, les arbres si proches les uns des autres, formaient une végétation dense, un sanctuaire naturel protégé de toutes intrusions. Freyr et Adonis levèrent les bras en signe de respect et remercièrent les bois de leur accueil tandis que Apollon se frayait déjà un chemin entre les fougères, les ronces et les pins à la recherche d’une place idéale où bâtir sa prochaine œuvre. Adonis accrocha les montures à une branche solide et la troupe s’enfonça à bonne allure dans les bois. Ina eut soudain l’impression que les arbres murmuraient entre eux. Des bruits, légers bruissements, petits soufflements et discrets craquements semblaient former un chant, une sorte d’incantation, dont seuls les végétaux avaient le secret.[…]

Ina #6

[…] Dans l’espoir qu’en les rouvrant, sa frayeur aurait disparu, Ina plissa fermement les paupières. À cet instant, un satyre courut au milieu du hall et souffla de toutes ses forces dans une corne de brume pour signaler la fin de la fête et l’arrivée du soleil. Tous les invité.e.s se précipitèrent en silence dans le jardin où les satyres étaient étalés sur le sol, soufflant comme des bêtes, et où les nymphes, encore à demi-nues, finissaient leurs transes. Ina vit alors la chose la plus étrange et la plus merveilleuse qu’il soit, et qui dépassait largement toute loi de la physique qu’elle croyait connaitre. Les aurores boréales et les nuages de l’aube semblaient se rassembler en une seule entité qui se dirigeait rapidement vers une lune de plus en plus éteinte. […]

Ina #5

[…] Son envie d’en apprendre toujours plus sur sa psychologie si singulière poussa Ina à lui poser une myriade de questions. Une scientifique folle, voilà à quoi elle ressemblait. Sa qualité d’humaine esseulée se montrait parfois d’une extrême utilité et la neutralité qui la caractérisait lui permettait de prétendre à une certaine objectivité dans les affaires de ce monde. Tandis qu’elle expliquait son point de vue à son interlocuteur, Ina vit soudainement son visage enjoué perdre de son intensité. […]

Ina #4

[…] La disposition des échoppes faisaient du marché une véritable fourmilière, des individus disparates passaient, ici et là, à la recherche d’objets rares. Des Ardent.e.s aux visages pâles couvert.e.s de peaux de bêtes s’éternisaient devant des magasins d’armes. D’autres personnes à la peau basanée invitaient les habitant.e.s de la cité à s’asseoir en cercle pour écouter les dictons issus du livre de ROSE. Dans leurs courses folles, les nymphes suivaient de beaux jeunes hommes et leurs éclats de rires perturbaient l’inlassable brouhaha du transport de marchandises. […]

Ina #3

[…] La question la plus importante pour elle, et celle qui allait lui permettre de saisir la nature de cet endroit incongru, avait enfin été posée. Harmonia écarquilla les yeux et parut soudainement soucieuse. La fin de sa phrase avait sonné particulièrement aiguë et marquait ainsi son trouble. Elle s’élança vers sa chambre, semblant être à la recherche de quelque chose de bien précis. Quelques minutes après que la gardienne soit entrée frénétiquement à l’intérieur de la chambre royale, Ina vit sa silhouette fine et ses longs cheveux blonds revenir vers elle d’un pas décidé. Harmonia tenait un livre entre ses mains, un très beau livre en cuir avec des dorures sur la tranche et des symboles étranges ornés de pierres précieuses de teinte vermeille. […]

Néha #2

[…] Cette expédition avait été le commencement d’une série de conflits, de violences et de politiques désastreuses entre de prestigieuses civilisations galactiques, qui avait finalement conduit l’humanité et bien d’autres espèces à leur perte. Néha portait sur ses épaules le poids de cette responsabilité, de ces milliards de mort.e.s qui pesaient sur sa conscience. […]

Lyly #2

[…] Tout était bientôt prêt : les bougies mauves brûlaient au sud, de l’encens de safran se consumait à l’ouest, du quartz rose et de l’améthyste étaient déposés au nord, le gros sel entourait le tout, et la frêle statuette d’Aphrodite, ramenée il y a des années de Grèce, trônait fièrement au centre du cercle. Il ne restait plus que quelques préparatifs : disposer les trois derniers objets nécessaires au bon fonctionnement du sortilège. […]

Ina #2

[…] En parcourant le chemin qui semblait les mener au siège du Conseil, le duo passa devant une dizaine de temples identiques, olympiens et albâtres. La criée des marchant.de.s louant les effets de leurs remèdes devant leurs échoppes se mélangeait avec les chants et les mélodies lyriques résonnant dans toute la cité. Le sel marin et les épices des stands les plus proches se glissaient dans les narines d’Ina. Les habitant.e.s de la cité la passèrent au crible d’un œil amusé, curieux ou encore méfiant comme si elle était une erreur de la nature. Cette ville ne semblait pas si spacieuse et la venue d’une étrangère ne passait certainement pas inaperçue. Chose étrange, la plupart des personnes croisées lui sembla jeune et rayonnante. […]

Ina #1

[…] Fixant froidement ses doigts tremblants, ses yeux trouvèrent rapidement vers où se tourner. Des lumières semblaient danser devant elle, accrochées à un énorme monticule de pierre. Une sorte de colline qui semblait abriter une vie foisonnante tant les lumières étaient nombreuses. Mais le plus gros problème qu’elle avait maintenant à affronter était de savoir où et surtout qui elle était. […]

Néha #1

[…] Une culture tellement différente de celle qu’on lui avait inculquée tant elle est éloignée de plusieurs années lumières de sa planète d’origine. Son ami, rencontré aujourd’hui, ne pouvait en aucun cas l’aider dans cet apprentissage, cette socialisation aussi bien essentielle que nécessaire, puisqu’il n’était pas doué de la parole. […]

Joséphine #0

[…] Ses paroles se faisaient de plus en plus rares et inaudibles au fur et à mesure que les jours s’écoulaient sans la moindre amélioration. Estelle avait néanmoins compris de quoi il s’agissait. Une vieille histoire de malédiction. Encore et toujours. […]

Lyly #1

[…] Cette pénombre, domestiquée et vivace, permet alors d’avaler, d’aspirer, d’assimiler toutes émotions incongrues et inopinées. De lisser tout attachement à la réalité pour ne rappeler, en chuchotant sans cesse, que rien n’a réellement d’importance. […]