Star Trek x Progressisme : une utopie socialiste

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Comptabilisant le premier baiser inter-ethnique à l’écran dans les années 60 avec la série originelle, le premier système fédéral anti-capitaliste, humaniste qui plébiscite l’ingérence des autres cultures, l’égalité des droits pour tout être vivant et une justice impartiale dès le début de la saga, la première relation transgenre à l’écran dans les années 80 avec Riker et Soren dans Next Generation (mettant aussi en scène des relations polyamoureuses, bisexuelles, pansexuelles et non-genrées ainsi que la première intelligence artificielle à posséder des droits égaux à ceux de l’espèce humaine avec Data), l’un des premiers hommes noirs à un haut poste de pouvoir avec le Capitaine Sisko dans Deep Space Nine et la figure de la femme forte dans Voyager avec la Capitaine Janeway dans les années 90, jusqu’aux deux nouvelles séries Star Trek : Picard et Discovery (qui mettent en scène toutes sortes d’individus diverses et variés, unis par un but commun : celui de tendre vers un monde meilleur), la saga Star Trek dépeint un modèle de société utopique et progressiste. Au long des épisodes des différentes séries de cet univers de science-fiction, des dialogues d’une intelligence et d’une qualité rares trouvent alors leurs places dans un tourbillon d’événements galactiques parfois amusants, parfois dramatiques et toujours passionnants. Initiée par Gene Roddenberry, Star Trek met en scène un équipage d’un vaisseau spatial au sein d’un système politique universaliste et inclusif : la Fédération des Planètes Unies.

Un système universaliste et le déclin du capitalisme

Formée en 2161, la Fédération des Planètes Unies est une république fédérale galactique regroupant plus de 150 planètes membres et des milliers de colonies (en 2373), gérant un espace d’un rayon de 8 000 années-lumière au sein des Quadrants Alpha et Beta de notre Voie lactée. Cette institution est décrite par Gene Roddenberry comme une société socialiste, universaliste et inclusive. Sa capitale exécutive et judiciaire est basée à Paris, tandis que San Francisco est la capitale législative et militaire. Starfleet est une organisation affiliée à cette structure politique comprenant l’armée, la recherche scientifique et les missions diplomatiques. Une véritable volonté de la Fédération des Planètes Unies est de rendre l’exploration, et le secteur scientifique et militaire, uniquement dépendants d’une grande organisation publique. De ce fait, les membres de l’équipage de l’Entreprise apparaissent comme des fonctionnaires républicains. Starfleet Academy fonctionne selon les mêmes critères qu’une institution de concours de la Fonction Publique. Seven of Nine est-elle une vacataire de cette organisation galactique ? Illustré par la devise : « Ex Astris Scientia » (« Des étoiles, la science »), la mission première de Starfleet est de récolter des informations, faire de la recherche, sur l’Univers et sur les vies qu’il abrite. Elle ne devient le bras armé de la Fédération que lorsque la voie diplomatique a échoué. Difficile en réalité de séparer ces deux organisations en structures distinctes lorsqu’on sait que le Président de la Fédération, voté au suffrage universel, détient le pouvoir exécutif. Le pouvoir législatif est quant à lui détenu par le Conseil de la Fédération, constitué d’élu.e.s de plusieurs membres d’espèces appartenant à la Fédération. Ce dernier a pour but de faire voter et ratifier les lois fédérales. Un questionnement demeure néanmoins : comment sont élu.e.s ses membres ? Selon leur propre système de suffrage et doivent-ils.elles tou.te.s dépendre du suffrage universel ? De plus, les lois de la Fédération viennent-elles remplacer les lois en vigueur dans ces mondes ou vont-elles se hiérarchiser en dessous ou au-dessus des lois originelles ?

Toute l’exploration spatiale, de la création de ses vaisseaux, la formation de ses employé.e.s au déploiement de la recherche se veut entièrement financée par la Fédération. Une question reste en suspens : qu’est-il advenu des entreprises privées ? Vivement critiqué par Gene Roddenberry, le secteur privé semble être l’apanage de la culture marchande des Ferengi et leurs Règles de l’Acquisition, véritable bible du capitalisme libéral, qui contient notamment Profit d’abord, amitié après (Never place friendship above profit, vingt-et-unième devise) ou Traite tes débiteurs comme tes parents… exploite-les (Treat people in your debt like family… exploit them, cent-onzième devise).

Du piston ? Des privilèges au sein de cet univers socialiste ? Il y en a quand même. Wesley Crusher incarne ce favoritisme injuste. N’ayant même pas encore passé le concours de l’Académie, il se retrouve à réaliser un stage sur le meilleur vaisseau de Starfleet, l’Enterprise D, en compagnie de sa mère, médecin à bord. Petit génie, il découvre néanmoins une autre voie en explorant la mystérieuse spiritualité des Voyageurs. Sa carrière au sein de Starfleet était pourtant toute tracée, le choix d’un autre mode de vie d’hippie spatial pour rejoindre Lakanta qui reconnait en lui un être d’exception pouvant même arrêter le temps sera finalement encouragé par les membres de l’Entreprise. L’auto-détermination étant un principe fondamental de la Fédération, il met en avant les techniques de l’éducation positive. Il en sera de même avec Jake Sisko, refusant de rejoindre Starfleet pour devenir écrivain/journaliste. Rappelant les sciences de l’éducation à la Montessori, l’école républicaine de la Fédération des Planètes Unies est accessible à tou.te.s, toutes espèces comprises (si capacités cognitives adéquates). Basée sur l’apprentissage de la science (sciences de la nature et humaines), une grande partie du programme est adonnée à l’Art et l’éthique. Une autre limite vient pointer le bout de son nez : des planètes éloignées de l’épicentre des institutions de la Fédération apparaissent comme pauvres tandis qu’on imagine facilement la vie terrienne riche et opulente. Ont-elles accès à ces infrastructures non par soucis d’argent mais par incapacité physique ? Y-a-t-il des écoles de la Fédération suivant le même programme que les écoles terriennes au sein des colonies les plus éloignées et les plus paysannes ?

Et malgré ce système de mobilité sociale plutôt bien amené dans lequel le domaine culturel et artistique est perçu d’un bon œil, les personnages de Starfleet se présentent cependant comme relativement carriéristes. William Riker en fera notamment les frais en s’opposant à son père lorsqu’il refuse de quitter l’Enterprise pour un poste de capitaine de l’USS Aries (The Icarus Factor, épisode 14, saison 2 de Star Trek: Next Generation).

La Fédération des Planètes Unies est bien un système social qui prend en compte l’éducation gratuite de ses membres, leur santé, leur besoin primaire (nourriture, logement, développement personnel que se soit dans le travail ou dans d’autres domaines) rendu viable grâce à la technologie centrale de la saga Star Trek : les synthétiseurs. Sans cet outil, il n’y aurait pas cette économie de l’abondance qui permit à cette utopie de se concrétiser. Il est effectivement plus simple de respecter toutes formes de vie lorsque nos sociétés ont stoppé la barbarie de l’élevage intensif, en remplaçant la nourriture de chair par des aliments de synthèse. Un débat d’ailleurs bien présent chez les éleveur.se.s, notamment chez le frère du Capitaine Jean-Luc Picard, vigneron français du petit village de la Barre qui préfère la chasse et le bio à la nourriture synthétisée mais aussi chez la famille Troï-Riker, partie vivre à la campagne dans l’espoir de guérir leur enfant dans Star Trek: Picard (saison 1 , épisode 6).

La Fédération donne ainsi d’énormes moyens financiers et techniques ainsi qu’une grande autonomie d’actions à son service public, sans demander de résultats immédiats et de comptes à rendre. A-t-on entendu le Commander LaForge se plaindre de devoir trouver une réponse utile à ses hypothèses sous faute de quoi il perdrait d’éventuels financements ? Si Gene Roddenberry voyait son univers évoluer sans argent, il n’en est pas de même pour les scénaristes de Star Trek : Deep Space Nine. On le sent avec la surreprésentation du Latinium et des crédits de la Fédération circulants sur la station spatiale. Ces crédits sont-ils une base d’un revenu universel donné aux citoyen.ne.s de la Fédération avec des bonus liés au statut au sein de Starfleet ou autres services publics/travails ? Aucun indice disséminé dans les séries Star Trek ne permet de répondre à ces questionnements. Il est important de rappeler que la Fédération n’a pas été construite à son origine pour être une organisation socialiste et universaliste. Dans Star Trek : Enterprise, bien que la Terre du XXIIe siècle se trouve déjà dans une démarche socialisante, l’Alliance est en premier lieu une organisation militaire contre la menace romulienne.

Même si ce n’est plus un problème d’argent, les infrastructures routières, les places dans les vaisseaux cargo sont-elles suffisantes pour ne pas créer d’inégalités ? Le voyage spatial est-il accessible ? Risa est une planète « vacances érotiques » sur laquelle de nombreux personnages des séries iront se reposer durant leurs permissions. En tant que planète de la Fédération, elle fonctionne néanmoins grâce à une économie touristique. Est-elle réservée aux membres de Starfleet ou est-elle accessible, par le coût et par la distance, à l’ensemble des citoyen.ne.s de la Fédération ? Et que faire de la noblesse de Beta Z dans une société dite socialiste et du personnage de lwaxana Troï utilisant l’Enterprise comme navette entre ses déplacements selon son bon vouloir ? Aristocrate de naissance, elle dispose d’un majordome et de privilèges particuliers malgré l’intégration de sa planète au sein de la Fédération des Planètes Unies. Ce paradoxe est rattrapé par le fait que son majordome explique alors qu’il adore ce travail car il peut siroter de l’alcool de qualité lors des soirées mondaines et diplomatiques diverses et variées.

Le relativisme culturel contre la xénophobie : le respect de la différence et la non-ingérence

Chaque planète étant singulière, chaque être de la Fédération dispose en réalité de droits différents tant que l’ensemble des officiers de Starfleet répond aux Ordres Généraux. Ces derniers apparaissent comme « des directives générales » dans le sens où l’idée doit être présente du point de vue éthique mais leur application est à faire au cas par cas, veillant à prendre en compte la culture, l’individu, la civilisation, la menace ainsi que l’impact de Starfleet sur l’évolution naturelle des sociétés afin d’éviter toute « contamination culturelle » avant qu’un peuple n’ait découvert le voyage spatial en distorsion.

Le concept même de fédéralisme : chaque culture, planète ou même région dispose de sa marge de liberté. Et ce fait est appuyé par la célèbre Directive Première : La non-ingérence de la Fédération dans des conflits, des catastrophes naturelles, des épidémies, les politiques des planètes hors de son territoire mais aussi à celles inclues dans son espace tant qu’elles respectent la liberté de l’individu et qu’elles ne sont pas gouvernées par un régime fachiste et dictatorial. On voit ici tout le paradoxe d’une Fédération socialiste puisque le socialisme se veut universaliste tandis que le fédéralisme se base sur les compromis et implique qu’il n’y ait pas une égalité parfaite en droits, ceci étant du au particularisme judiciaire et législatif des états/planètes/civilisations membres. Habituellement contournée par « le droit d’asile », la Directive Première est régulièrement transformée en une non-assistance à personne en danger par les membres de Starfleet cherchant à se soustraire à ses interdictions (sur demande expresse de la part d’un individu, vivant dans une société connaissant déjà le voyage spatial à la vitesse-lumière). L’ensemble du corps médical de la Fédération ou de Starfleet semble systématiquement en désaccord avec leur Capitaine au sujet de la Directive Première : celle-ci entre souvent en conflit avec le serment d’Hippocrate et permet ainsi de longs débats riches et intenses détaillés dans un bon nombre d’épisodes de la saga. Elle est d’ailleurs utilisée comme ressort scénaristique lorsqu’elle est testée par des dilemmes éthiques et se retrouve souvent transgressée.

Du communautarisme venant menacer une République ? Il n’en est rien dans Star Trek. Au contraire, la diversité des cultures et des mondes font la richesse de la Fédération des Planètes Unies ainsi que sa fierté. Le projet politique de la Fédération est donc à visée 1000% progressiste et inclusif mais il s’agit forcément d’une forme de socialisme adaptée à une multitude d’espèces différentes, de cultures particulières, répondant à des besoins et des normes différentes les unes des autres et, qui plus est, s’étendant sur un territoire bien trop grand pour qu’une centralisation totalement efficace puisse exister. C’est là où Star Trek prend toute sa dimension utopique. Une utopie n’étant pas un état fini, elle représente un idéal pour lequel on doit travailler mais qui n’est jamais atteint. Sans cesse, les efforts doivent être constants pour améliorer ce rêve. La Fédération des Planètes Unies apparaît, de fait, bien que plus progressiste que la République Galactique de l’univers de Star Wars. Pour qu’un système politique de cette taille et de cette importance ne s’effondre pas sur lui-même, il est nécessaire qu’une éthique solide régisse les directives de la Fédération. C’est pourquoi il est nécessaire que ce soit la curiosité, l’imagination, la compassion et l’envie de découverte qui deviennent les principes intrinsèques de Starfleet. Dans Star Trek: Deep Space Nine, les thématiques de Religion et de Science sont abordées à travers le personnage de Benjamin Sisko, à la fois Capitaine de la station orbitale de Starfleet, émissaire des prophètes de la religion bajorane, et intermédiaire de ces formes de vie considérées malgré elles comme des êtres divins. De nombreux conflits politiques mettant en scène la foi, le fanatisme, l’espoir, l’opposition entre Science et Religion font de cette série l’une des plus « philosophique » de l’univers Star Trek. Jusqu’où peut-on tolérer des idéologies religieuses ? Croire pousse-il au fanatisme et à la violence ? Doit-on respecter la Religion au point de ne pas apprendre la Science aux nouvelles générations ? L’éducation de la Fédération passe bien par l’apprentissage de la Science mais aussi par le développement de l’esprit critique contre les idéologies. Keiko O’Brien, devenue professeure de l’école sur Deep Space Nine, contestera les demandes du gouvernement bajoran lui sommant de ne pas parler du Vortex (habitat des « prophètes » pour la religion bajorane) d’un point de vue scientifique. Elle se battra contre l’obscurantisme en édictant qu’une école se devait de posséder des méthodes d’enseignements laïques (Star Trek: Deep Space Nine, saison 1, épisode 19, Entre les mains des prophètes). Bien que toutes formes de croyances, de communautés et de religions soient respectées entièrement par la Fédération des Planètes Unies, elles ne peuvent en aucun cas se soustraire aux impératifs de la rationalité, du savoir et de la connaissance. Il en est de même pour les Tellarites.

« Tellarites do not argue for a reason, they simply argue. » (Sarek, 2268, Journey to Babel)

Espèce fondatrice de la Fédération des Planètes Unies, il est très mal vu d’omettre de faire des réflexions à autrui dans la culture tellarite. De leur point de vue, améliorer les choses sans cesse est le but de leur existence. Il est donc nécessaire de développer l’esprit critique et d’aller toujours plus loin dans les compromis. Une espèce de syndicalistes spatiaux, leur culture est plus que favorable à la pratique de la démocratie et ainsi basée sur la critique constructive et sur l’amélioration infinie du quotidien.

Le sexe, parlons-en du sexe. Star Trek est l’un des univers les plus progressistes lorsqu’on se penche sur les représentations de ses relations amoureuses et érotiques. Une mixité sociale, ethnique et raciale est présente tout au long de la saga et se cumule avec la pensée que l’amour n’a pas de frontières. L’important comme le dirait le Commander Riker étant avant tout le respect et le consentement. Les autres détails de « l’amour » doivent uniquement regarder les partenaires : triolisme, partouze, relations polyamoureuses, relations non-genrées, relations transgenres, coups d’un soir, accouplement mentale, paraphilies ou sexe rituel, Star Trek nous dépeint un panel de relations sexuelles et amoureuses originales, libres et intelligentes.

Il nous reste finalement si peu de temps si l’on veut un jour pouvoir atteindre cette utopie à la Star Trek. L’espoir qu’une humanité nouvelle et bienveillante ait survécu à ces catastrophes qu’une minorité de la classe dirigeante, d’un système capitaliste injuste et dépassé, a formé en veillant à exploiter les un.e.s et à en criminaliser les autres, à détruire les sols pour produire et vendre davantage au plus bas prix pour obtenir le monopole absolu quitte à surexploiter les ressources de la planète, détruisant des produits parce que les remballer leur coûterait plus cher que de les détruire, chamboulant ainsi l’équilibre de la nature. Un cercle vicieux sans aucun sens ni intérêt qui ne sert qu’une toute petite partie de l’humanité. Tout ça, dans l’unique but égoïste et vaniteux de garder ses privilèges quitte à détruire son propre foyer et à étouffer la plus grande majorité de leur propre espèce. Une oligarchie économique, au-dessus des lois puisque multinationales, d’un autre âge qui perdure néanmoins dans le temps, accepté par tou.te.s parce qu’elle représente une norme idiote qui n’a plus aucune raison d’être. Le pire cauchemar de Marx s’est bien réalisé, à quand donc un véritable système socialiste et universaliste ? Alors, il est temps d’agir car ce n’est ni le silence ni la résignation qui amènera à un changement positif et nécessaire à une humanité plus intelligente et libre des carcans que cette classe dominante, d’industriel.le.s et de politiques, cherche à lui imposer en tant que consommateurs.trices et citoyen.ne.s.


En 2024, de la timeline de Star Trek, des émeutes d’envergure éclatent à San Francisco, puis un peu partout dans le monde. La France, pays de la liberté et des droits de l’Homme, voit des manifestations éclater dans le milieu étudiant. Les néo-trotskystes délogent les gaullistes du pouvoir. Impulsés par ce qui se passe à Paris, de profonds bouleversements politiques se déclenchent dans toute l’Europe et un membre de l’élite américaine fera remarquer avec dédain que « l’Europe s’effondre ». Si Gene Roddenberry était un artiste visionnaire, il était aussi révolutionnaire. Et comme dirait un Jean-Luc Picard athée et philosophe (Star Trek: Next Generation, saison 1,  épisode 1, Rendez-vous à Farpoint : reconstitution des tribunaux post-atomiques terriens par l’entité Q) :


« Nous reconnaissons à notre grand regret que l’humanité a été, il y a longtemps, une espèce abjecte et malfaisante. »

Non sans rappeler l’engouement des manifestant.e.s Black Lives Matter ou les révoltes féministes dont la parole a été fortement libérée grâce au mouvement #MeToo et aux réseaux sociaux, ainsi que les insurrections visibles tout autour du globe contre les politiques néo-libérales, les manifestations de 2024 de l’univers de Star Trek se déclenchèrent en raison des injustices économiques et sociales perpétrées par un système vertical et conservateur gardé précieusement en place par quelques riches humain.e.s. Ces émeutes débouchèrent sur la troisième et dernière Guerre Mondiale de l’Histoire de l’Humanité (2026-2053) débutée sur la thématique du génome humain et des modifications génétiques. Génocide, écoterrorisme et l’utilisation d’armes nucléaires causèrent la mort de plus de 600 millions d’humain.e.s. Les grandes villes planétaires ayant été détruites, l’horreur post-atomique perdure jusqu’en 2079 avec ses tribunaux dans lesquelles tout le monde est coupable jusqu’à preuve de son innocence. Cette culture fachiste fit sombrer le monde dans un véritable chaos. Au début du XXIIe siècle, un mouvement néo-transcendantaliste, fondé par Liam Dieghan, préconisa un retour à une vie plus simple, plus respectueuse de son environnement et de la vie. Un autre mouvement, Terra Prime, suivit une politique xénophobe. Considérant la race humaine comme étant la seule espèce « pure », ce groupe instaura une méfiance générale envers les autres espèces de la galaxie, fraîchement découvertes, et chercha à empêcher la Fédération de voir le jour (Star Trek: Enterprise, saison 4, épisode 21, Terra Prime).

Ces horreurs débutées par les émeutes de Bell à San Francisco et commises par une humanité séparée entre riches et pauvres, vidée de ses ressources car trop gourmande pour se priver dans le présent et trop paresseuse pour s’imaginer vivre dans un meilleur futur, débouchèrent finalement vers le glissement d’une socialisation des sociétés humaines, le commencement de la politique inclusive de la Fédération des Planètes Unies. Tout en ayant conscience que « faire la révolution » ou même « manifester » est toujours plus simple pour une partie de la population qui aura toujours les moyens de se loger, de se chauffer, de s’alimenter et de nourrir leurs proches tout en faisant grève, ou qui ne risque pas leurs vies, un membre de leurs corps, ou leur équilibre psychologique en participant à une révolte. De nombreux pays tolèrent l’utilisation d’armes à feu pour contrôler des manifestant.es, on voit là la violence dite légitime de ce petit groupe de dominant.e.s, qui en prétextant la paix sociale écrase quiconque met en péril sa légitimité et son contrôle. La répression actuelle au sein de la République Française ainsi que les violences policières éparpillées un peu partout dans le monde viennent appuyer la peur de plus en plus grande de cette minorité dirigeante qui s’auto-légitime par leurs possessions économiques. Mais quand ce pouvoir sert de mauvaises causes ? Quand les gouvernements laissent mourir la planète et l’humanité ? Quand les états ne protègent plus leurs citoyen.ne.s ? Quand les pays laissent mourir des réfugié.e.s, des personnes âgé.e.s, des malades, sous prétexte qu’il est davantage nécessaire d’utiliser de l’argent pour relancer l’économie plutôt que investir dans les systèmes de santé, dans les structures d’accueil, dans les organismes publics ? Quand le « droit des affaires » protègent les entreprises privées et les écrasantes multinationales et les exemptent de visibilité, de rendre des comptes aux habitant.e.s qu’elles dépossèdent de leurs terres empoisonnées par leur fait, aux employé.e.s qu’elles exploitent, aux consommateur.trice.s qu’elles trompent, aux lanceur.se.s d’alerte qu’elles méprisent ? Quand les gouvernements ne respectent pas leurs propres principes républicains d’égalité, de liberté et de fraternité ? Quand l’humanité vit dans un système qui ne lui convient plus, qui ne répond plus à ses besoins et qui réduit ses chances de survie ? Lorsque l’on se rend compte que tout cela n’est qu’un beau mensonge, réactualisé par des techniques de communication de plus en plus élaborées, utilisant à tort et à travers nos biais cognitifs pour nous faire participer à ce petit jeu d’une fausse république, d’un marché de « confort » poussé à l’extrême, est-il encore « éthique » de ne pas réagir ?

Benjamin Sisko dira qu’obéir aveuglement aux ordres et aux normes d’une institution sans esprit critique, même si celle-ci possède de beaux principes est contraire à l’éthique (Star Trek : Deep Space Nine, saison 2, épisode 21, Le maquis : Partie 2).

– Elle [L’Amiral Nechayev] croit peut-être que le fait d’appartenir à la Fédération fait systématiquement d’eux des Saints ?! Vous savez quel est le problème ?

– Non. (Kira)

– Le problème, c’est la Terre.

– La Terre ? (Kira)

– Sur Terre, il n’y a ni pauvreté ni crime ni conflit. Quand on regarde par les vitres du quartier général de Starfleet, on voit le paradis alors évidemment : ce n’est pas difficile d’être un saint au paradis mais les membres du maquis ne vivent pas au paradis eux. Là où ils vivent, dans la zone démilitarisée, tous les problèmes n’ont pas été résolus. Là où ils vivent, il n’y a pas de Saints. Non, juste des hommes en proie à la peur, à la colère. Des hommes déterminés à aller jusqu’au bout, à tout faire pour survivre que la Fédération leur donne ou pas sa bénédiction.

– Je ne trouve rien à redire. (Kira)

Pour lui, c’est la responsabilité de chacun.e que de réfléchir correctement avant d’exécuter un ordre (une norme, une façon d’agir, et consommer, etc.), de voir et de constater de ses propres yeux l’étendue de la misère. Il est facile de se dire du côté du « bien » lorsque sa condition ressemble au « paradis » et d’expliciter avec une hypocrisie sans nom que les problèmes viennent de ceux et celles qui pointent le doigt dessus. Et bien qu’aucun changement ne se fait jamais sans douleur, sans perte de repères et sans hésitation, il arrive des fois où celui-ci devient nécessaire, presque vital, pour un plus grand bien-être commun.

Dans l’infime espoir qu’au XXIVe siècle, des enfants de toutes origines naîtront sereinement au sein d’une Fédération des Planètes Unies à l’abri de la faim, du froid, des maladies, des idéologies meurtrières ou réductrices, des valeurs conservatrices, sexistes et racistes, des guerres et des génocides, des mauvais traitements et des viols. Qu’ils.elles aient le droit à l’éducation, à la culture, à l’Histoire, à l’Art, au développement de leur esprit critique pour que jamais les erreurs de leurs ancêtres ne puissent se répéter. Qu’ils.elles grandissent loin de clichés de genre, des stéréotypes sur les personnes racisées et ceux sur les classes sociales. Qu’ils.elles soient libéré.e.s d’un système capitaliste, d’une hiérarchisation verticale, et d’un libéralisme cruel inventés par une infime minorité d’industriel.le.s avide et véreuse, destructrice de mondes, pour laquelle tout s’achète, tout se paie, tout se vend, même une vie. Qu’ils.elles possèdent une profonde conscience écologique et éthique sur ce qui caractérise réellement un être vivant et le respect immuable qui doit aller de paire avec le principe de cet état (un.e être conscient.e et sentient.e comme toutes les espèces présentes sur notre planète). Car, c’est encore loin d’être le cas, aujourd’hui, en 2020…

« Le courage est la magie qui sert à transformer les rêves en réalité. Alors, osons rêver ! Merci à Gene Roddenberry ! »





4 commentaires

  1. Bonjour. Ah sur ce sujet là on risque de bien s’entendre (étant comme toi visiblement une grande fan de Star Trek) par contre ça m’empêchera pas de pinailler (tu commences à avoir l’habitude j’imagine).
    Globalement je trouve le portrait de la saga que tu fais assez juste mais j’aurais quelques points de désaccords. Je les aient mis dans l’ordre où ils me sont venus en te lisant :
    1-Toujours passionnant. D’accord ce premier désaccord est très subjectif mais à titre personnel pour avoir vu la grosse majorité des épisodes de la plupart des séries de Star Trek et des films je trouve justement qu’un des plus gros défauts de la série est que c’est très inégal en terme de rythme et de qualité d’un épisode à un autre, certains sont excellents d’autres euh…clairement il y en a que j’ai oublié 5 minutes après les avoir regardés ou que j’ai trouvé incroyablement chiants. Par exemple pour parler de ce que j’ai assez suivi pour m’en rappeler j’ai beaucoup de mal à trouver passionnant le tout début du premier film de Star Trek où ils s’extasient vitesse lente sur des effets spéciaux datés pendant une demi heure mais si tu me trouves un argument prouvant que ça peut être passionnant je suis preneuse. Je trouve que la plupart des épisodes sont très intéressants dans l’univers qu’ils développent mais il y en a que de grosses dizaines (ce qui est déjà pas mal pour une chieuse dans mon genre) que j’irais jusqu’à qualifier de passionnant. Après évidemment ça c’est le point le plus subjectif.
    2-Sincèrement que le système politique dans Star Trek est communiste est une hypothèse parmi d’autres une interprétation qui se tient globalement mais que certains aspects de la série peuvent interroger, tu l’as dis toi même il semble y avoir des inégalités de richesses entre le centre de la Fédération et ses frontières nettement moins opulentes (ce qui pose d’ailleurs la question de jusqu’où cette Fédération est euh…fédérale au vu du centralisme très prégnant de la Terre et de l’humanité dans Star Trek) mais il y aussi d’autres détails qui collent pas trop comme la présence de grands industriels ayant leurs usines en propriétés privées ou l’importance très forte accordée à la hiérarchie des grades, l’obéissance et l’autoritarisme au sein de Star Fleet notamment qui ne va pas trop avec l’idée d’une société où tous sont égaux. Si communisme il y a dans Star Trek c’est clairement un système autoritaire et fortement militarisé où l’armée et le pouvoir politique sont très proches, en terme de démocratie ça questionne tout de même et au fond l’économie y semble pas aussi proche du socialisme qu’elle le serait dans un socialisme pleinement réalisé. J’y vois davantage très sincèrement un fantasme d’utopie socio-démocrate libérale à l’américaine reflétant le point de vue politique de la plupart des gens qui ont travaillé dessus (sans grande surprise) qu’une œuvre communiste, d’ailleurs si cela l’était plus explicitement je pense qu’Hollywood leur aurait retiré les fonds. Je sais que Rodenberry avait des sympathies soviétiques mais clairement il est toujours resté prudent de ce qu’il en laissait voir donc dans le résultat final ça se sent pas trop et même une fois qu’il est mort et que d’autres ont repris Star Trek je ne suis plus vraiment sure que cet aspect là soit présent du tout à vrai dire. D’ailleurs d’autres voient la Fédération tout différemment comme une métaphore de l’équivalent des États Unis dans l’espace et ça parait aussi se tenir vu le nombre d’épisodes où les incidents diplomatiques avec d’autres espèces reflètent les différents que les US ont eu à diverses périodes historiques avec d’autres Etats.
    3-D’ailleurs tant qu’on est sur l’aspect antiraciste…c’est vrai que des personnages non blancs ont diverses hautes fonctions et rôles majeurs mais Star Trek a quand même bien du mal à faire coller son idéologie et sa mise en pratique sur cet aspect…déjà pourquoi exactement la Fédération a des colonies d’abord? Outre que sur les peuples autochtones (culture des natifs américains notamment) le moins qu’on puisse dire c’est que le portrait fait dans Star Trek de leurs cultures laisse plus qu’à désirer et sent bien l’héritage colonial de la notion de bon sauvage il y a quand même un certain ethnocentrisme dans les représentations des cultures terrestres dans Star Trek qui met bien plus en avant les peuples majoritairement blancs et leurs histoires et concepts politiques (français, anglais, américains…surtout les blancs du nord en fait qu’en j’y pense l’Italie ou l’Espagne par exemple rien que ça sont assez peu mises en avant…bref sans surprise les américains prennent les référentiels dont ils sont culturellement les plus proches pour s’imaginer comment toute la galaxie fonctionne…c’est un universalisme assez particulier tout de même). On peut objectivement douter que des scénaristes pas fichus de représenter correctement la diversité des cultures terrestres qu’ils côtoient ont assez d’imagination pour dépeindre des cultures extraterrestres de façon crédible et c’est une des choses que je reproche l’alien du jour dans bien trop d’épisodes c’est juste un humain avec du maquillage et ça se sent beaucoup trop en tout. Bon je sais que les questions de budget jouent aussi là dessus surtout sur les premières séries et que c’est normal que plus d’efforts en ce sens soit faits pour développer les cultures extraterrestres récurrentes que celles d’un épisode mais ça me sort très souvent des épisodes les moins bien travaillés sur ce point par manque de crédibilité. Qu’on s’entende bien je sais que Star Trek tente d’être antiraciste…je suis beaucoup moins sure qu’ils y parviennent par contre. Souvent on a nettement l’impression que la Fédération en raison de ses valeurs qu’elle a décrété universellement les meilleures sans consulter le reste de l’univers non fédéré à ce propos se sent supérieure aux cultures qui se situent en dehors d’elle même et essaye à fond de leur imposer autant qu’elle le peut sa façon de pensée dès lors que ces cultures sont d’un niveau technologique à peu près égal au sien. Par exemple quand tu parles de Keiko qui vient imposer le point de vue scientifique sur le Vortex au Bajoran ça correspond certes aux valeurs rationalistes et a de son point de vue une lutte contre le fanatisme religieux mais faut pas oublié que la présence fédérale est contestable et contestée par bien des Bajorans dans le coin et leur façon de s’accrocher à leurs anciennes traditions et de refuser ce nouveau modèle scolaire peut être vu dans une perspective anticoloniale de préservation de leur culture à eux…en fait ce décalage de perception me rappelle beaucoup les débats sur le voile islamique…d’ailleurs dans le genre progressisme à deux vitesses ça fait un long moment que les fans musulmans de la série demandent pourquoi il n’y a aucun personnage musulman si Star Trek est si ouvert aux diverses cultures? Alors certes l’aspect anti religion global de pas mal de versions de la série surtout les plus anciennes doit jouer dans ce problème mais malgré ça au moins en terme culturel le christianisme et son héritage sont très présents avec une référence directe au Christ dans Bread and Circuses (un épisode de TOS) par exemple. De même la culture juive que ce soit à travers Léonard Nimoy
    et William Shatner où le fait que Rodenberry était lui même entouré de beaucoup de juifs avec influence forte sur le développement de Star Trek mais justement il y a un paradoxe en ce que même si globalement il n’était pas vraiment antisémite il avait une vision très négative de la religion qui faisait
    que quand il a crée les Ferengis beaucoup de clichés antisémites se sont reflétés dans le portrait fait de ces aliens fictifs (petits, sexistes, ne pensent qu’à la thune etc…). En fait j’ai un peu l’impression que dans le monde de Star Trek on est très tolérant dans la Fédération de quelle culture tu viens…du moment que tu accepte de te fondre dans la masse et de t’intégrer de façon assimilationniste et de toujours privilégier les principes de la Fédération sur ceux de ta culture d’origine quand les deux entrent en conflit. Le choix contraire est quasi jamais présenté comme légitime ce qui pose là aussi des questions de démocratie en fait. Par exemple pour reprendre le cas des Ferengis c’est vrai qu’ils sont caricaturalement capitalistes et que la Fédération a l’air bien plus égalitaire mais c’est vrai aussi que les membres de la Fédération se gênent pas pour les mépriser superbement pour cette raison d’une façon quand même bien raciste…Jake dans DS9 par exemple voit son père très réfractaire à l’idée qu’il se fasse un ami Ferengi…c’est difficile de voir autre chose qu’un préjugé ethnique là dedans quand même. Et pourtant sur certains aspects la culture Ferengi présentée dans DS9 a peut être des trucs à apprendre à la Fédération…par exemple même Quark qui pourtant parait en presque tout irrécupérable fait valoir que la culture Ferengi a au moins un truc pour elle que la Fédération n’a pas…elle est fondamentalement pacifiste là où Star Fleet faut admettre que c’est quand même des va-t’en guerre finis.
    Pour le contexte je suis juive ethniquement évidemment que je me sens un peu obligée de défendre les Ferengis.
    Sinon il y a aussi que vouloir explorer les étoiles et d’autres planètes c’est bien joli…la quête de savoir ça peut se comprendre mais…la Fédération quand est ce qu’ils demandent l’autorisation à ces mondes inconnus de venir les explorer en fait? Quand on sait que Star Trek est une série américaine au rapport des plus tendus avec la communauté native américaine au vu de l’histoire coloniale des Etats Unis ça pose grandement question forcément.
    En plus la Fédération n’aide que les peuples qui concordent plus ou moins avec ses valeurs. Les pauvres vivants sur des planètes fascistes et y crevant la dalle ne reçoivent jamais son aide. Éthiquement là aussi ça pose question. En plus avec la section 31 qui s’assure que la Fédération reste un paradis en violant régulièrement en secret tout les principes de cette dernière pour le permettre…ahem…la Fédération finit sincèrement par ressembler à un Etat officiellement démocratique et libéral progressiste mais qui se gêne pas pour être un empire colonial de fait…tiens on dirait le monde politique des Liberals US oh wait c’est eux qu’on écrit la série.
    En plus clairement l’aspect science pure de l’attrait de la Fédération et de Star Fleet pour l’exploration de nouveau monde peut être questionné vu le nombre d’épisodes où Star Fleet privilégie l’exploration de planètes où on trouve des ressources et technologies intéressantes pour la Fédération. Va d’ailleurs falloir m’expliquer où ils ont trouvé un carburant écolo pour parcourir toute la galaxie comme ça sans arrêt…ah merde oui c’est vrai quelques épisodes laissent entendre que ce n’est pas le cas et que cela pose des problèmes écologiques qui font débat au sein de la Fédération mais j’ai pas souvenir d’un épisode qui ait vraiment frontalement abordé ce problème de mémoire il est juste sous entendu vaguement que ça peut être un souci et puis point barre…ça me parait un peu léger.
    Deep Space Nine a un peu entamé la critique de tout ces aspects de la Fédération ce qui est une des raisons principales de pourquoi c’est une de mes versions de Star Trek préférées mais même eux ils font que sous entendre toutes ces critiques et finalement même si ils complexifient beaucoup les espèces non Fédérés et celles proprement ennemis de la Fédération par rapport à ce qu’elles étaient auparavant ils vont jamais jusqu’au bout de cette logique car il faudrait alors repenser tout l’édifice de la série depuis le départ donc on garde ce manichéisme où tout ce qui sort de la Fédération est plus ou moins diabolisé et c’est dommage. Et en plus dans les versions les plus récentes c’est pas mieux. Les Romuliens sont dans la giga merde…la Fédération : « on s’en tape c’est nos ennemis depuis toujours qu’ils crèvent tous »…on prétend que c’est parce que ce n’est plus la Fédération mais c’est assez cohérent avec tout ce qu’ils ont fait aux cultures ennemies de la leur avant en vrai. Et ça c’est encore sans compter la manière pas démocratique du tout dont la Fédération gère sa dissidence interne comme par exemple le conflit avec Le Maquis. J’ai beaucoup de mal à croire que Star Trek sur tout ça changera un jour c’est ainsi depuis un demi siècle ou plus. Cela fait que c’est peut être pas si utopique que ça si on gratte sous la surface le monde présenté par la Fédération au delà de sa propre propagande. Et les Romuliens, Klingons, Ferengis, Cardassiens, Borgs etc…n’ont peut être pas que des défauts à leurs fonctionnements culturels. Malheureusement la série reste pas mal manichéenne.
    4-Sur l’éducation : Euh il y a que moi qui trouve que dans Star Trek la suprématie des sciences dures est quand même assez forte. De plus pour une série que beaucoup interprètent comme communiste…ont voit beaucoup de scientifiques, de juristes, d’artistes, d’intellectuels etc…mais sont où les ouvriers et les paysans? Recalés au fond dans les personnages et épisodes secondaires la plupart du temps. Que Star Trek a plus été inventé par la bourgeoisie liberal californienne que par des Gilets Jaunes se sent quand même terriblement d’ailleurs on y fait très souvent des références à des cultures élitistes et peu populaires comme le sommet de la culture humaine ce qui est très contestable. Combien de fois on t’explique dans Star Trek que la musique classique c’est génial? Plein. Combien de fois on t’y passe du rap? Ouais bien ce que je me disais zéro. Entre ce genre de détail et le fait que l’éducation elle a l’air très stricte et Star Fleet Academy très à fond sur son statut d’école à concours d’entrée selectif pour connaitre des gens qu’on été dans les deux je trouve que ça fait bien plus prépa ENS rue d’Ulm dans une version plus accessible à tous qu’école Montessori surtout qu’il y a clairement des matières auxquelles ils échappent pas les maths notamment sur lesquels une bonne part de la culture de la Fédération semble fondée ce qui là aussi est un exemple de reflet de la culture US vu que c’est loin d’être ce qui est le plus privilégié partout dans les cultures humaines IRL alors dans la galaxie toute entière j’en doute très fort.
    5-Les élections : Là je pars dans la spéculation mais vu qu’en ce moment il y a des campagnes éléctorales de Biden qui tentent de viser le public des fans de Star Trek je suppose que les élections de la Fédération se déroulent comme se déroulent les élections américaines à peu de choses près. Juste avec plus d’extraterrestres votants quoi.
    6-Pour ce qui est des lois de la Fédération vs les lois planétaires sur les mondes fédérés à en juger par le nombre de trucs dans la culture vulcaine (rituel à l’ancienne toujours en vigueur de la Pon Farr et loi anti peine de mort qu’on peut supposer exister dans les lois fédérales vu à quel point il y a peu de condamnations à mort dans la série par exemple) qui collent pas trop avec les lois fédérales alors que c’est une des plus anciennes cultures de la Fédération j’imagine que sur les mondes en eux mêmes les lois internes s’appliquent et que celles de la Fédération sont supposées régir les interactions diplomatiques interespèces en son cadre enfin je suppose.
    7-Du coup vu à quel point Star Fleet, l’humanité et la Terre s’imposent dans toutes ces relations en se sentant supérieurs et répétant à longueur d’épisodes à quel point l’humanité c’est mieux que tout (suffit de voir comment ils font chier Spock toute sa vie parce qu’il préfère les façons de la culture vulcaine par exemple) j’ai bien du mal à voir en quoi la Fédération n’est pas anthropocentrée.
    8-Je suis assez d’accord avec toi qu’à priori le plus probable comme sortie de l’économie du besoin sur Terre et dans la Fédération de façon plus large c’est le plus probablement faite par l’adoption d’un système économique proche de l’idée du revenu universel car je vois pas trop quoi d’autre pourrait le permettre après il y a de gros débats économiques là dessus en dehors de ma capacité de compréhension sur si c’est mieux ça ou le salaire à vie mais sur le principe de base que pour sortir de l’économie du besoin tout le monde doit se voir alloué par principe les sous nécessaires à la survie sans condition semble être une base partagée par tout les acteurs du débat et qui ressemble à ce qu’on voit dans Star Trek à priori.
    9-Pour les problèmes d’accessibilité à l’espace sincèrement ça a l’air tellement facile et de rien couter de passer d’un point à un autre des quadrants dans Star Trek que je doute que ce soit un problème dans leur monde bien que ce soit pas ultra réaliste cet aspect.
    10-Sincèrement les principes égalité, liberté et fraternité c’est pas neuf que c’est que des mots ça l’a toujours été pour le cas de la République Française. Pour le coup c’est comme la Fédération et la section 31, l’Etat colonial français et la DGSE n’hésitent jamais à s’asseoir sur toutes leurs valeurs dès lors qu’elles arrangent plus leurs affaires et ce depuis leur création. D’ailleurs réel ou fictif si tu connais un exemple d’Etat qui le fait pas je suis preneuse.
    11-La Fédération reste carcérale bien que réhabilitationiste c’est pas vraiment compatible avec les mouvements politiques utopistes qui tendent à être abolitionistes de la prison surtout si on fait la comparaison avec Black Lives Matters. Qui d’ailleurs porte comme reproche premier à Me Too de ne pas l’être. C’est là qu’on voit la différence de perspective majeure entre le mouvement noir antiraciste et les féministes blanches pour le coup.
    Et le dernier point de désaccord quand tu dis :
    12- Tout en ayant conscience que « faire la révolution » ou même « manifester » est toujours plus simple pour une partie de la population qui a aura toujours les moyens de se loger, de se chauffer, de s’alimenter et de nourrir leurs proches tout en faisant grève, ou qui ne risque pas leurs vies, un membre de leurs corps, ou leur équilibre psychologique en participant à une révolte.
    Euh…alors clairement faire la révolution ou d’ailleurs même toute simple manif un tant soi peu tendue et s’en tirer avec tout ses membres et tout son équilibre psychologique c’est possible mais le faire sans les
    risquer ça n’a jamais existé si on y est pas prêt on sera toujours dans le réformisme parce que les forces conservatrices ne cèdent jamais face à des soyez sympas svp merci la répression policière et le rapport de force seront toujours brutaux et porteront toujours ces risques. N’est réellement révolutionnaire que qui est prêt à les courir…c’est à dire généralement qui même sans ça risque déjà sa vie quotidiennement de base dans le système actuel, il y a que ceux qui ont littéralement rien à perdre et un monde à gagner qui changent réellement le monde. Qui ne milite que par éthique se retourne tôt ou tard du côté du réformisme dans mon expérience.
    Voilà sur tout le reste je suis assez d’accord avec toi.

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    1. Hey! Ravie de te voir pinailler à nouveau 😚 ! Mais serais-tu donc une tellarite ?
      Merci beaucoup pour ce commentaire hyper détaillé et très intéressant. Je vais tenter d’y répondre du mieux que je peux 🙂
      Alors oui, tu as totalement raison pour ta première remarque. Je ne suis pas non plus une grosse fan des films Star Trek TNG et particulièrement ceux de J. J. Abrams que je ne considère même pas comme faisant partie de la saga pour être honnête. La série originale, j’ai également du mal car elle est trop « conservatrice » à mon goût et bien qu’elle a réellement, à son époque, été progressiste, y’a quand même de sacrés soucis avec la représentation de la Femme, surtout avec un Capitaine chaud lapin comme Kirk. Après si je trouve l’ensemble passionnant, c’est davantage que même les épisodes « ratés » questionnent sur leur contexte historique, culturelle et politique de création. On voit toujours l’influence des scénaristes et réalisateur.trice.s différent.e.s, cherchant selon leurs points de vue et tant bien que mal, à faire vivre l’utopie de Gene Roddenberry. Après c’est au goût de chacun.e que d’apprécier l’un.e ou l’autre.
      2. Tu penses que ce système est communiste ? Je tablerai davantage sur le socialisme. Bien que le communisme soit une forme de socialisme, il nécessite effectivement une centralisation puissante, une égalité parfaite en droits et en devoirs, ce qui n’est pas le cas de la Fédération des Planètes Unies par son côté « fédéral » comme tu le fais si bien remarquer. Mais c’est justement son côté fédéraliste qui vient renforcer son projet inclusif : le respect des différences, des communautés, des cultures devient la base première de la FPU. Mais en faisant ce choix, elle perd effectivement en universalisme et en socialisme. Mais bon, son projet socialisant est déjà si poussé et si utopique ! Personnellement, il me fait rêver tous les jours et m’aide à affronter toutes les misères de ce monde chaque matin. Une petite déprime ? Un petit discours de Jean-Luc Picard, rien de mieux pour se remettre d’aplomb !
      Tu as totalement raison sur la centralisation difficile et presque irréalisable du pouvoir de la FPU, mais c’est justement pour ça qu’il s’agit bien d’une utopie et non d’un système fini. J’aimerais bien voir une série Star Trek se dérouler après le XXVIe siècle ! Voir comment les scénaristes imagineraient l’amélioration de ce système, en étant encore plus progressiste et socialiste. On en est encore si loin que j’ignore si ils.elles auraient les idées adéquates.
      Il y a beaucoup de limites et de paradoxes dans l’univers de Star Trek, tu as raison de le souligner. Si Roddenberry voulait les omettre pour faire vivre son utopie, ce n’est pas forcément le cas des scénaristes d’après son décès. D’où le besoin qu’ils.elles ont ressenti de rajouter de l’argent en circulation pour expliquer le commerce avec les autres espèces. Car bien que l’argent semble inutile au XXVIe siècle, la FPU en a tout de même besoin rien que pour commercer avec les planètes et les civilisations non-incluses dans son système politique et géographique. Ceci explique peut-être les groupes financiers ? Qui ont souvent un lien avec les Ferengi d’ailleurs. Ou alors, on peut s’imaginer que la FPU gère tout de même ces entreprises ? Bien qu’elles ne fassent pas partie de son service public, rien n’est jamais clair dans Star Trek au sujet des autres domaines : par exemple un fleuriste ou un bar terrien est bien tenu par un.e particulier mais on ignore si il.elle reçoit un financement fédéral ? Ou que si financement est possible grâce à un « revenu universel de base » et que cela fait en réalité partie de leurs politiques éducatives de « développement personnel et culturel »? On peut l’entendre aux entreprises privées qui ont peut-être un devoir de transparence extrême, et des directives éthiques très claires à suivre pour avoir des financements de la FPU ?
      Cette dernière, en vue de son fédéralisme et de sa tolérance ne peut pas non plus interdire « le privé » totalement puisque de nombreuses espèces ne partagent pas leurs politiques économiques et sociales. J’imagine mal une directive de la sorte : interdiction aux Ferengi de développer les entreprises sur le sol de la Fédération sans que ça tombe dans du racisme et de la xénophobie par exemple.
      Je pense que Roddenberry a davantage appuyé sur la tolérance et sur le socialisme inclusif dans le sens où la Fédération se doit d’apporter un confort physique et psychologique maximal à ses citoyen.ne.s en « nationalisant » la grande majorité de ses secteurs, tout en cherchant à s’étendre, dans le respect de la différence, le plus possible.
      Après oui, tu as raison pour le vote militarisant. Pendant longtemps, ce fait m’a butée. Mais on est très loin d’une armée humaine à la Stargate où le fait but est carrément de coloniser le plus de planètes possibles… Il n’y a rien d’étonnant à avoir un bras armé pour défendre ses idéaux, surtout dans un univers aussi disparate et dangereux que celui de Star Trek. Imagines-tu un système politique sans moyens de défense ? Dans l’absolue et d’une façon utopique de voir les choses, ce serait effectivement super qu’il n’y ait plus besoin d’armée et de besoin de se défendre. Si toutes les espèces de l’univers voire des univers préféraient le compromis à la violence, qu’il n’y avait jamais de différends et de conflits. Mais même dans une utopie socialiste, c’est beaucoup demandé et puis surtout… Ça ne ferait pas vivre une histoire ! Dans un monde parfait, il n’y aurait pas de rebondissements, de débats philosophiques et intelligents pour chercher à convaincre l’autre d’adopter son point de vue puisque « l’autre » l’aurait déjà. Il risquerait de plus avoir de « différence à accepter ».
      Starfleet en tant qu’institution est bien plus qu’une armée. Si l’armée fait partie des attributions de Starfleet, cette dernière est aussi chargée de la diplomatie, des missions de recherches et d’exploration, de missions humanitaires, etc., et la série insiste bien plus sur ses impératifs que sur la guerre.
      Il est par contre vrai, en tant de guerre, comme tu le soulignes, que les ordres martiaux priment sur tout le reste. Mais c’est juste cette loi de la FPU qui est vivement critiquée par l’ensemble des personnages devient l’objet même d’un arc narratif. Comment d’épisodes voient Janeway, Sisko ou Picard critiquer les ordres des Amiraux ? Comment de fois dépriment-ils.elles sur la violence des guerres ? Chacun.e selon son caractère, le fait que Starfleet devienne un système autoritaire en unique cas de conflit violent (si la voie diplomatique a bien échoué) est vivement mis en avant et débattu par les personnages. Si les limites et les paradoxes du l’univers de Star Trek sont justement utilisés comme éléments scénaristiques pour être critiqués, étudiés, analysés par les protagonistes, c’est justement ce qui fait la richesse et l’intelligence de ces séries. Les personnages apparaissent de ce fait encore plus progressistes que le système dans lequel ils.elles vivent. Développant toujours plus leur esprit critique et leur bienveillance 💚
      Il y a notamment le cas particulier du Maquis dans TnG, DS9 et Voyager où l’on voit clairement la Fédération ne pas vouloir tolérer ces rebelles tandis que Janeway et Sisko discourent sur le fait que les Maquisard.e.s sont des oublié.e.s de la FPU et qu’il n’y a rien d’étonnant à les voir prendre les armes et chercher à se révolter tandis que deux grandes puissances (FPU et l’Empire Cardassien) s’octroient le droit de prendre leurs terres et de décider à leurs places. Malgré tout, c’est en faisant des compromis et par la voix diplomatique que la géo-politique de la zone démilitarisée est ce qu’elle est, et que la guerre a prit fin.
      C’est là aussi où on voit l’opposition fédéralisme/socialisme. Il y a effectivement un côté un peu « utilitariste » dans Star Trek où le bien-être du plus grand nombre est souvent préféré aux petits conflits des minorités. Tandis que, pourtant, laisser mourrir une civilisation d’une épidémie destructrice pour ne pas déroger à la Directive Première semble être monnaie courante (mais tout ça est vivement critiqué, encore une fois, par les personnages et mettre en scène des protagonistes qui critiquent leur système politique, c’est déjà du progressisme et du socialisme. Si la FPU tolère et encourage les critiques et même, dans certains cas, à ne pas obéir aux ordres, c’est bien qu’elle n’est pas un système autoritaire, sinon il y aurait « répression », ce qui n’est pas le cas.
      De plus, c’est bien un critique de la colonisation que j’aperçois, personnellement, dans cette Directive Première, plus qu’une non-assistance à personne en danger. La question est éthique : quand, où et pourquoi a-t-on le droit d’agir ? C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Starfleet utilise des « directives » tandis que la FPU possède des « lois ». Pour éviter un régime totalitaire et autoritaire provenant de ce qui pourrait être considéré comme son « armée ». Laissant une place énorme à la liberté, l’interprétation et l’éthique des ordres, Starfleet différe totalement des systèmes exécutifs que l’on connaît aujourd’hui dans le Monde. Et même si il y a effectivement une hiérarchie totalement verticale, et qu’on attend une obéissance sans faille des officiers de Starfleet, ils.elles sont pourtant encouragé.e.s à s’exprimer le plus possible. C’est d’ailleurs la raison de la présence systématique d’un.e Conseiller.ère à bord des vaisseaux de type USS.
      Je vois davantage cette obéissance comme une nécessité dans des missions aussi impressionnantes et importantes que celles de Starfleet. Les vaisseaux de type USS sont comme un corps entier tandis que chaque membre travaillant en son sein, un membre, un organe. Pour que le tout fonctionne, du mieux qu’il peut, il est effectivement nécessaire d’avoir une obéissance. Par contre, tu soulèves un point très intéressant : à la place d’un.e Capitaine muté par Starfleet Command, cela aurait pu être un Conseil, voté par les employé.e.s fonctionnaires de la FPU, les officiers de Starfleet en somme. Ça aurait été bien plus socialiste et progressiste !
      Après il y a aussi le fait que faire partie de Starfleet est clairement perçu comme « rejoindre une élite » de la FPU. Ce sujet est notamment abordé dans TnG dans l’épisode où Picard revient sur Terre, voir son frère, jaloux de la carrière du Capitaine de l’Enterprise D. Ce dernier ajoutera alors que jamais il n’a perçu Starfleet comme un moyen de devenir une élite mais que c’est l’imagination, la curiosité et l’envie de venir en aide aux plus démuni.e.s qui l’ont poussé dans cette voie. On peut s’imaginer qu’au XXVIe siècle, l’éducation est assez au top pour qu’un développement personnel et éthique soit au centre des impératifs du système éducatif de la FPU. De ce fait, les officiers cherchant à rejoindre Starfleet doivent répondre à des critères sévères aussi bien physiques que psychiques, éthiques, et psychologiques, pour être acceptés, ne serait-ce, qu’à l’académie. Une sorte de concours de la Fonction Publique ++++.
      Je pencherai davantage sur une utopie sociocialste-démocrate progressiste et inclusive mais pas du tout libérale pour le coup ! Comment y voir du libéralisme sans dimension économique ? Malgré toutes les politiques sociales de la FPU ?
      Il est vrai qu’on peut pas trop en demander aux scénaristes des années 60, non plus !
      On voit bien une grande différence avec la série originale et les séries qui ont suivi, notamment Next Generation, qui est le point culminant de l’utopie socialiste de Roddenberry.
      Dans Star Trek: Enterprise, on ressent également ce côté « très à l’américaine » en mode « guerre pour protéger des valeurs démocratiques » mais l’histoire se déroule avant la création de la FPU, donc ça passe… (je n’aime pas la série, honnêtement. Même si les épisodes amènent leur lot de questionnements philosophiques et éthiques, je peux pas blairer ce côté « gentil américain ». Après la série a été créée durant les 2000, rien d’étonnant à ce « renouveau » qui correspond à la remontée du nationalisme américain.
      Oui tu as raison de dire que Roddenberry est resté prudent dans son utopie, il était bien obligé. Il ne souhaitait pas perdre ses financements et s’est déjà bien battu pour mettre une femme en capitaine en second et pour convaincre de laisser s’embrasser des personnes d’ethnies différentes à la télévision. Après sa mort, c’est vrai que la saga a perdu quelque chose 😭
      Certain.e.s ont fait de leur mieux pour garder l’esprit « Roddenberry », d’autres avaient leur propre opinion. Je ne suis pas fan non plus de blabla qui est d’ailleurs parti travailler sur Battle Star Galactica par la suite (un univers intéressant mais trop sombre pour me faire rêver).
      Paramount qui gérait la licence Star Trek n’était pas forcément OK de toutes les fantaisies de Roddenberry, mais après des nombreuses grèves des scénaristes soutenues par leurs syndicats, ça s’est assoupli un peu (mais bon, ils.elles seront toujours obligé.e.s de faire grève pour se faire entendre, la dernière de 2007 avait bien plongé Hollywood dans la m****.)
      Cela explique aussi la sur représentation de blancs, d’hommes et de ressortissants de langues humaines dominantes. Après on trouve beaucoup de personnages vulcains, klingons, femmes, amérindiens, asiatiques. Je ne suis pas d’accord avec toi sur ce point : dans Next Generation, le seul personnage américain homme blanc est William Riker, Picard est d’origine français, LaForge est un descendant d’esclave noir, Data est un androïde, Deanna est une betazoïde, O’Brien est un irlandais marié à Keiko, une Japonaise et Beverly, une femme médecin sélénite d’origine écossaise. Pour l’époque, ça a du foutre la chair de poule à plus d’un homme blanc sis genré et hétéro ! Hormis la série originale, qui a pourtant vu la première femme à un haut poste de commandement et le tout premier baiser interethnique à la télévision, les autres séries Star Trek tendent toujours vers un rêve inclusif. Il en est de même pour Star Trek Discovery qui met en scène un personnage non-binaire. N’oublions pas que Roddenberry a fait la guerre du Pacifique, mettre après cela, une grande représentation de personnages nippons à des postes de pouvoir et purement pacifistes dénotent de son humanisme et de son universalisme.
      Mais c’est bien de critiquer ça ! Plus on critique, plus la saga cherchera à se montrer progressiste. Tu as raison sur un point : on ne l’est jamais assez !

      Pour les colonies de la FPU, la question m’a beaucoup hantée également. Mais les colonies de la FPU répondent à certaines directives : soit ce sont des colons indépendants de la Fédération qui ont cherché une nouvelle vie ailleurs, et dont la colonie a été incorporée après coup à la FPU. Soit ce sont des colonies de la FPU, donc financées par elle, qui ont le droit de s’installer sur des planètes n’abtitant pas la vie et ne pouvant normalement pas la développer. La plupart des colonies de la FPU ont donc du terraformer la planète avant de s’y installer. Ça contourne ainsi le souci de la Direction Première au cas où une planète de type M développerait la vie des milliers d’années après l’arrivée des colons. C’est notamment explicitée dans l’épisode de TnG avec l’équipe de terraformation qui cache le fait d’avoir découvert des micro-organismes dans le sol de la planète qu’ils.elles cherchent à transformer pour y abriter la vie humaine. Ils.elles seront donc obligé.e.s d’abandonner leurs projets et leurs travaux, par Starfleet, malgré le fait d’avoir pendant des dizaines d’années dessus.
      J’ai eu la même sensation que toi pour ce qui est du « mythe du bon sauvage », mais les efforts des scénaristes, notamment pour ce qui est de s’instruire en Histoire, en Anthropologie et en Sociologie ont fini par payer et on voit clairement le parti pris à part de Next Generation pour vivement critiquer l’opposition primitif/moderne, sauvage/civilisé. On resent clairement l’influence de l’école de Chicago et de ses recherches sur les thématiques mises en scène dans la série. Après ces oppositions ont été jugées obsolètes très tard en réalité dans l’histoire même des sciences humaines. Levi-Strauss tenait encore des discours assez particulier dans les années 2000 sur les « primitifs ». En réalité, que ce soit Jean-Luc Picard ou Janeway, ces capitaines étaient clairement en avance sur le temps, dépassant même parfois les acquis de la science (naturel et humaine) pour défendre un relativisme culturel fort en opposition à l’ethnocentrisme. Particulièrement, le personnage de Jean-Luc Picard qui reste encore aujourd’hui très progressiste alors que son personnage a été créé dans les années 80 !
      Mais le but de Roddenberry n’était-il pas, finalement, d’utiliser des éléments réels de la vie américaine pour transporter son public vers une utopie plus progressiste ? Ou peut-on reprocher à un.e artiste de s’inspirer de ce qu’il connaît et peut imaginer ?
      Huuum après pour ce que tu dis sur les cultures humaines qui devraient être plus disparates, je ne suis pas forcément d’accord. Je trouve que Star Trek se montre justement très réaliste à ce sujet là : il y a clairement du communautarisme mais tout au long de la sage, on voit l’influence amérindienne, française, italienne, japonaise, chinoise, créole, africaine et j’en passe ! Et bien d’autres influences vulcain, tellarite, klingone, sur la civilisation humaine.
      Après il n’y a rien d’étonnant à ce que la Terre du XXIVe siècle ressemble davantage à un Occident tel qu’on le connaît puisqu’on le voit bien avec le phénomène de globalisation : même si les éléments culturels restent, il y a quand même une grande tendance à une uniformisation des modes de vies et des institutions. Je mets davantage en rapport l’ONU ou l’OMS avec la FPU plutôt que les USA, ce serait trop réducteur pour la Fédération.
      Hahaha je suis bien d’accord avec « l’alien du jour »! Effectivement, tu as raison à ce sujet-là mais je le mets aisément sur le compte d’un manque de moyens techniques notamment en effets spéciaux et sur la simplicité pour les scénaristes et le staff de répondre à une commande des studios qui demande quand même un rythme soutenu de sorties à l’écran. Et, aussi, une volonté de n’être pas « trop » dans la différence justement. Pour davantage parler aux gens ? Pour que les idées défendues passent mieux, plus en douceur ?
      Je te reprends sur les « valeurs » de la FPU car c’est bien préciser dans l’univers de Star Trek qu’il s’agit de principes (qui dépendent donc de l’éthique et qui sont à penser et à repenser au cas par cas) et non par rapport à des « valeurs » (qui dependent de la morale, donc qui sont absolues). C’est là tout l’intérêt d’avoir des « directives » et non pas des « obligations ».
      Dans l’épisode avec Keiko, elle n’est pas pour interdire l’apprentissage de la religion d’un point de vue historique aux élèves mais pour empêcher que des idéologies religieuses empêchent, elles, l’apprentissage de la science et de la connaissance. Elle n’impose pas le point de vue scientifique, elle veut le donner. Pour que tou.te.s les élèves puissent réfléchir et posséder le savoir nécessaire et utile sur leur environnement direct (Ds9 se trouvant juste à côté du Vortex). Elle expliquera même que les enfants ne souhaitant pas en parler pourront sortir ou aller au temple, que des intervenants religieux peuvent être les bienvenus pour expliquer à sa place, mais que, en aucun cas, elle omettra de donner des informations, scientifiques qui plus est, pour faire plaisir et l’une seule des religions présentes sur la station (sachant qu’il y a davantage d’enfants de la FPU dans sa classe que de bajoran.e.s). De plus, l’école sur Ds9 est financée par la FPU sur une station de la FPU. Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle ne tolère pas une intervention du gouvernement bajoran dans ses méthodes d’éducation. Si elle se trouvait sur Bajor, Keiko ne se serait pas permise de s’immiscer dans les méthodes d’enseignements des Bajoran.e.s.
      De plus, Ds9 abritent des temples bajorans, des festivités religieuses bajoranes, des rituels, etc, et bien d’autres. Même les Ferengis trouvent leur bonheur avec leur commerce. On voit bien la dynamique inclusive de Ds9.
      Alors s’il n’y a aucun personnage mulsuman dans Star Trek c’est tout simplement parce que l’humanité a laissé tomber ses croyances et ses idéologirs religieuses après la Troisième Guerre Mondiale. La majorité des personnages humain.e.s de la FPU sont athé.e.s ou agnostiques. C’est clairement expliqué par Picard dans un bon nombre d’épisodes de Next Generation. Après c’est à chacun.e de vivre ses croyances comme il.elle l’entend mais en tant qu’officier de Starfleet, en bon fonctionnaire de la FPU, aucune croyance ne doit venir déranger le « travail ». Et vu que Star Trek nous dépeint le plus souvent des personnages en plein action, dans leur travail de fonctionnaire et peu dans leur vie privée au final, il n’y a pas vraiment de raison de montrer l’orientation religieuse des la FPU. La seule fois où lame christianisme est représenté dans les séries, c’est pour être vivement critiquée par Jean-Luc Picard, expliquant que cette religion avait cause bien plus de mort.e.s et de violence que des guerres pour l’obtention de ressources. Se méfiant de façon assumée de toute sorte d’idéologie, le monde de Star Trek les mets souvent en scène pour les démonter, tout en laissant le choix à chaque personnage de les vivre selon leurs bons vouloirs tant qu’il n’y a pas « prosélytisme ». C’est peut-être la raison pour laquelle ils.elles n’ont pas encore osé parler d’une autre religion humaine existante que la leur, que celle qui correspond à leur aire culturelle du moins. Néanmoins, il serait effectivement temps de mettre, un.e personnage de confession mulsumane, qui vit sa religion dans l’intimité pour un épisode de qualité, qui questionnerait les thématiques de foi, du fanatisme, de lien social, de religion, etc. Comme ça a été fait un bon nombre de fois avec les religions fictives mises en scènes dans Star Trek. Cependant, si les scénaristes choissisent une nouvelle religion existante, pour la mettre en scène et la critiquer, c’est un pari risqué. Et si une autre religion est ajoutée, ils.elles devront faire l’inventaire des milliers d’autres religions humaines pour n’omettre personne ? Surtout dans une situation mondiale et politique plutôt tendue à ce sujet là. Un jour, peut-être qu’ils.elles prendront ce risque…
      Oui après les références et les influences culturelles religieuses sont bien présentes, mais ce n’est pas la même chose que de parler directement de religions et de croyances. Encore une fois qu’un.e artiste, qu’un.e scénariste, qu’un.e réalisateur.rice use de ses propres archétypes, d’éléments de son socle de connaissances, de ses influences personnelles est totalement normal. Nous sommes tou.te.s des êtres humains. Peut-être Star Trek attend-il un.e scénariste bouddhiste, shinhoiste, mulsumane, hindouiste pour que des éléments culturels liés à ces religions puissent s’incorporer dans ces œuvres d’art audiovisuelles ? Je l’ignore, honnêtement.
      Huuuuuum alors pour les Ferengis, ça a été beaucoup critiqué effectivement, mais ce parallèle entre Ferengis et culture juive n’a absolument pas été souhaité. C’est le public qui lui y a vu un lien. Roddenberry quant à lui les a pensé comme une pure critique des capitalistes. Pourquoi ne peut-on s’imaginer qu’il parlait plutôt des Protestant.e.s et leur éthique du capitalisme si on pense comme ça ? Ou aux vendeurs de tapis des bazars marocains ? Ou bien d’autres exemples ? Je pense que c’est davantage les préjugés du public qui ont joué sur cette rumeur. Je n’ai trouvé aucune preuve sur le prétendu lien entre communauté juive et culture Ferengi. Le fait de mettre en scène une culture marchande poussée à l’extrême peut avoir bien d’autres inspirations, selon l’époque et la géographie. Même s’il est vrai que j’y ai tout de suite pensé en les accusant de faire ce parallèle, je me suis vite calmée en réalisant que c’était davantage moi qui réveillait des vieux préjugés malheureusement présents dans nos sociétés humaines que les volontés des scénaristes de Star dont je ne connais absolument rien. Et je n’ai absolument aucune preuve pour avancer qu’il y ait un réel lien souhaité entre les deux.

      Alors même si la FPU n’est pas assimilasionniste (on le voit avec les longs discours et dialogues au sujet des Borgs que ce soit dans Voyager ou dans Next Generation), les citoyen.ne.s de la FPU doivent effectivement privilégier les directives de la FPU sur ceux de leur culture d’origine. C’est un fait mais c’est aussi ce qui en fait un système socialiste et universaliste. Dirions-nous que les Droits de l’Homme s’imposent trop ? Et que les pays auraient le droit de passer au dessus de ces lois dites universelles ? On le voit bien à l’heure actuelle. Bien que les Droits de l’Homme existent, des pays ne les suivent pas, parce que ce sont des « directives » et qu’il est difficile d’interférer dans les décisions politiques d’autres pays. Mais pour autant, ne sont-ils pas le but ultime d’une politique sociale et mondiale ? Il en est de même pour les Directives de la FPU. De ce fait, elles ne peuvent pas « trop s’imposer ». Pour les systèmes et les civilisations qui ne souhaitent pas faire passer les directives de la FPU avant leurs lois d’origines, la solution est simple : ils n’entreront pas dans la FPU. Pour autant, Starfleet leur viendra tout de même en aide au moindre souci s’ils en font la demande. Il n’y a donc pas d’obligation à suivre les directives de Starfleet et de la FPU. C’est un choix qu’ont à faire les dirigeant.e.s des différentes civilisations s’ils.elles sont d’accord ou non avec ce système politique fédérale.
      Ha oui ! Tu as totalement raison pour l’amitié entre Jake et Nog. Benjamin Sisko déteste les Ferengis pour ce qu’ils représentent : une époque où l’humanité était trop avide et idiote pour faire le bien. Cependant, le Capitaine Sisko est très critiqué par Kira, Jadzia et son propre fils pour ce racisme dont il fait preuve. Benjamin évoluera dans le bon sens, apprenant petit à petit à surmonter ses préjugés.
      Mettre en scène une utopie socialiste et inclusive ne veut pas dire mettre en scène des personnages parfait.e.s. Sinon on s’ennuyerait pas mal devant nos écrans ! C’est justement lorsqu’elle est questionnée que cela devient intéressant, qu’on assiste à des débats, etc..

      Pour l’exploration des Planètes, le protocole est simple. Un vaisseau arrive en orbite autour d’une planète, il scanné d’abord la planète : soit il y a des formes de vie qui ne connaissent pas encore la distorsion et il est censé partir sans explorer et prendre de ressources (exception faite à des civilisations industrielles qui ont bientôt découvert le voyage spatial en distorsion, où des officiers de Starfleet peuvent se fondre dans leur civilisation, en prendre la forme de leur espèce pour étudier la société et ces principes d’ouverture d’esprit notamment. Choix finalement souvent mis en scène pour être critiquée dans les séries, parce que cela ne se passe rarement bien). Soit il y a des formes de vie ayant connaissance de la distorsion et ça se transforme en missions diplomatiques de Premier Contact (et s’il y a échange de ressources et de technologies profitables des deux côtés c’est mieux). Il y a aussi les mondes qui n’abritent pas la vie dite « consciente » comme les plantes et d’autres micro-organismes (là où je ne suis pas d’accord, puisque Starfleet ne peut pas savoir à quel moment une vie est sentiente et consciente. Le scénario contourne habituellement ce problème en disant qu’il faut une volonté de communication pour éditer si une forme de vie est consciente ou non. De nombreux d’épisodes vont dans ce sens, montrant qu’une forme de vie tente depuis le début de communiquer mais que la technologie de Starfleet n’est pas suffisante ou adaptée pour les comprendre). Dans le cas, où la vie n’est pas perçue comme consciente, des scientifiques sont envoyé.e.s faire l’inventaire et répertorier les espèces dans la base de données de Starfleet (et s’il y a ressources tant mieux).
      Dans ce sens, la Directive Première vient bien contournée le problème d’une quelconque « autorisation » d’exploration.
      Star Trek a toujours défendu les communautés amérindiennes, critiquant vivement leurs traitements et surtout les politiques xénophobes et conservatrices. Ce n’est pas parce que Star Trek a été créé par un texan du nom de Roddenberry que son univers soutient les politiques de son pays. Au contraire, la majorité des artistes américains et je dirais plus globalement, mondiaux, critiquent leurs gouvernements.

      Tu viens néanmoins de pointer du doigt le plus grand limite et la plus terrible injustice du monde de Star Trek : les habitant.e.s des planètes gouvernées par un régime fachiste qui crèvent et qui souffrent. Il est vrai que la FPU ne peut pas agir directement et à grande échelle sur ces milliards de vies. Néanmoins, le droit d’asile de Starfleet vient contourner ce souci. Si un individu de l’un de ces mondes dictatorials demandent asile, la FPU a pour devoir de l’aider, et ce malgré un différend diplomatique avec la civilisation d’origine. C’est un peu le même principe que notre droit d’asile à la Française en réalité. C’est bien mais c’est si peu…
      Tasha Yar notamment provient de l’un de ces mondes et c’est aussi la raison qui l’a poussée à rejoindre Starfleet pour libérer et peut-être aider ne serait-ce que quelques personnes. Car une vie reste une vie, si infime soit-elle.
      La section 31 pose effectivement de sérieux problèmes éthiques. Bien qu’elle cherche à répondre à une soi-disant Directive Première Temporelle… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’arrive vraiment pas avec Star Trek: Enterprise… Entre les américains de base, le mouvement xénophobe de Terra Prime et la section, j’en oublie parfois que je suis en train de regarder Star Trek !
      Par exemple, je suis totalement pro-Maquis dans l’univers de Star Trek parce que cette organisation montre totalement les limites de la FPU et, de ce fait, nous permet d’explorer de nouvelles possibilités, de nouveaux questionnements et d’espérer une utopie encore plus développée dans un futur.
      Les épisodes qui traitent du Maquis donnent beaucoup de points de vue différents sur la façon dont la FPU gère tout ça. Et c’est vrai qu’en réalité l’autre plus grosse limite de la FPU est le fait que ce ne soit pas une démocratie directe. Il faudrait bien faire voter tou.te.s les citoyen.ne.s de la FPU au sujet du Maquis pour voir s’il était vraiment judicieux de laisser des mondes habités aux Cardassiens en gage de paix ? Après la diplomatie est une affaire complexe. Honnêtement, je n’ai pas les compétences dans ce domaine pour émettre un avis là dessus.

      Alors « la suprématie » des sciences dites « dures », je ne vois absolument pas pourquoi tu dis ça. Je trouve au contraire que ce soit dans les métiers de conseillers, de journalistes, écrivains, d’artistes, notamment chez les Betazoïdes, sont très bien vus car ils participent au développement de la culture, une culture de la FPU mais pas que. Notamment la Philosophie vulcaine qui est HYPER présente dans la formation même de la FPU et de Starfleet. L’Anthropologie, l’Histoire et l’Archéologie, l’étude des langues (surtout avant l’invention du traducteur universel) prennent une place énorme dans les épisodes de Star Trek, dans la formation de l’éthique de Starfleet et dans l’apprentissage des enfants. Dans combien d’épisodes, voit-on des enfants apprendre l’Art pour développer leur bien-être ? La majorité des protagonistes de Star Trek vont utiliser leur temps libre pour peindre, jouer de la musique, étudier, lire, chanter. Picard regrette parfois lui-même de n’être pas devenu archéologue et historien dans de nombreux épisodes. Burnam dans Discovery est aussi xenoanthropologue. Chakotay se veut anthropologue, et bien d’autres.
      C’est intéressant que tu parles d’ouvriers et de paysans, parce que justement dans le monde de Star Trek et, grâce aux synthétiseurs, il n’y en a presque plus ! Ce sont les officiers moins gradé.e.s de Starfleet qui assemblent les pièces synthétisées. Les paysans n’ont plus à nourrir une grande partie de la population puisque les synthétiseurs sont monnaie courante. Ils.elles sont donc devenu.e.s de curiosités recherchées par des « fins gourmets » ou par des anti-nourriture synthétique, préférant le vrai « Bio ». De ce fait, on peut aisément s’imaginer que la FPU leur donne beaucoup de moyens pour que leurs méthodes traditionnelles ne disparaissent pas du Patrimoine Mondiale de l’humanité, comme c’est le cas avec l’exploitation des vignobles du frère de Picard.
      Les paysans que l’on voit le plus dans la série sont ceux des colonies, ayant recherché délibérément le contact avec la Terre et cette vie inspirée par le mouvement neo-transcendantaliste de l’univers de Star Trek ou ceux de colonies extérieurs à la FPU. Et ils sont au contraire mis en avant. Notamment dans Star Trek: Picard, cette vision d’une terre cultivée et respectée sans élément synthétique prend toute sa dimension et reflète davantage l’évolution de nos sociétés sur cette thématique du Bio.

      Il est évident que Star Trek n’ait pas été créé par une classe sociale inférieure, mais bien par des artistes plutôt bourgeois. Pourquoi ? Parce qu’ils détiennent les moyens de production, parce qu’ils ont le réseau adéquat ? Parce qu’ils ont souvent davantage la connaissance nécessaire à la formation d’une œuvre d’art profonde via à leur éducation ? Et aussi qu’ils ont le temps de s’adonner à leur imagination ? On sous-estime le temps dont dispose réellement pour eux, les membres des classes sociales inférieures. Entre travail éreintant et enfants, il est effectivement très difficile de trouver le temps et la motivation pour devenir un.e artiste, surtout dans des pays pauvres. Je ne doute pas de cela et j’ai bien conscience qu’être artiste et de gagner de l’argent avec cette voie est soit un privilège soit une énorme chance.
      Néanmoins, Star Trek cherche à montrer que l’art et la culture sont des choses qui permettre à l’être humain de s’apaiser, de réfléchir et de créer quelque chose de supérieur à lui-même. C’est vrai que Picard a un faible pour la culture dite classique que ce soit dans le choix de sa musique ou de ses lectures. Néanmoins, ce n’est pas absolument pas le cas de Janeway dont la passion c’est les animaux, Sisko qui adore le baseball, Paris qui adore les vieilles voitures, le rock, et la culture populaire des années 40, Riker qui adore le jazz, et bien d’autres exemples. Chaque protagoniste se montre assez entier à ce sujet là et Riker dira même à son Capitaine que la musique classique qu’il écoute est assez ennuyeuse à son goût.
      Dans Discovery la tendance s’affiche entre plus fièrement : entre rock, electro, homosexualité, bisexualité, partouze et féminisme, on voit bien l’univers de Star Trek s’adapter à sa société actuelle.

      L’intérêt dans Star Trek: Picard de démonter totalement la FPU, montrant ses crimes, ses limites, sa nouvelle xénophobie contre les êtes synthétiques qu’elle exploite d’ailleurs comme des esclaves, montre aussi la volonté progressiste de la saga. Montrer pour mieux critiquer. Et c’est encore une fois une poignée d’individus de toutes origines et horizons qui font remettre les politiques de la FPU sur le droit chemin.
      Alors bien sûr c’est une utopie, tout ça n’est pas forcément vrai et réaliste dans toute la galaxie. Et encore, on en parle que deux régions de la galaxie…
      Autre critique : c’est ce vrai que choisir la Terre pour héberger les deux capitales de la FPU n’a pas vraiment de sens, sachant que Vulcain était bien plus propice à ce choix et que les vulcains ont bien plus jouer dans la création de la FPU que les terriens.
      C’est vrai que Spock se prend des remarques sur sa façon de vivre, mais je pense que les vulcains sont davantage critiqués parce qu’ils semblent arrogants. Il y a effectivement, dans Star Trek, une volonté assumée de rire de la différence. Ce qui est à débattre, c’est vrai. Mais qui dans un équipage à la Starfleet dénote d’une vision totalement inclusive de considérer ses membres. Riker est trollé sur son caractère de chaud lapin, Worf sur son sens de l’honneur à la klingon, Seven sur ses impératifs d’efficacité, etc. C’est davantage que leur particularisme n’est pas nié mais accepté au point d’en rire. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose de mon point de vue. De là à parler d’anthropocentrisme, je ne sais pas. Mais sans doute que vu que Starfleet compte bien plus d’humains que d’autres espèces, l’antropocentrisme doit malheureusement y être bien présent malgré un réel effort pour que ce ne soit pas le cas.

      Pour les transports, c’est effectivement ultra facile pour les vaisseaux USS de la FPU qui sont dotés d’un moteur à distorsion mais j’ignore vraiment si les vaisseaux privés et les petites navettes en sont dotés par exemple. Les vaisseaux cargos, il ne doit pas y en avoir des tonnes non plus et c’est surtout utiliser pour le ravitaillement. Du coup, je ne sais vraiment pas si le paysan de la colonie aux frontières de l’espace de la FPU peut vraiment se retrouver si facilement que ça sur Risa 🤔

      Oui tu as raison, les Républiques mondiales que nous connaissons ne respectent pas leurs principes. Et ça a toujours été le cas. Pour autant, je cherche peut-être une utopie, mais c’est en recherchant l’utopie qu’on arrive le plus loin, il me semble. J’en ai rien à foutre que ça n’existe pas ou que ça n’est jamais existé, ou même que ça n’a pas encore existé à la perfection dans un univers de fiction comme la saga Star Trek, l’important c’est de faire en sorte que ça existe et de continuer à y croire. Sinon, on a tout perdu.

      Dans la FPU, il n’y a plus de prison à proprement parler. Ce sont clairement des centres adaptés aux personnes déviantes, avec d’énormes moyens mis en œuvre pour aider la personne. C’est notamment bien mis en évidence avec l’épisode sur le tueur betazoïde (joué par Brad Dourif) dans Voyageur.

      Encore une fois, le mouvement #metoo n’est pas l’apanage des bourgeoises blanches et le mouvement Black Lives Matter n’est pas l’apanage des antiracistes pauvres noirs. Même si tu as raison de soulever qu’une plus grande partie des membres de #MeToo sont des femmes blanches d’une certaine classe sociale et que le Balck Lives Matter comptent davantage de pauvres de couleur noire, il y a toute sorte de sympathisants progressistes dans leurs rangs. Et Black Lives Matter a clairement profité de l’implication de la bourgeoisie noire américaine pour se faire entendre, tandis que le mouvement #MeToo a clairement bénéficier de l’arrivée d’un plus grand nombre de femmes et d’hommes de toutes classes sociales pour grossir ses rangs. Et qui plus est, des artistes, pour les deux mouvements, qui contribuent à expliquer, montrer, critiquer, ce qui ne va pas dans nos sociétés humaines, par l’écriture, le cinéma, la peinture, la musique et bien d’autres dans l’espoir de sensibiliser un plus grand nombre encore.

      Pour manifester, je ne dis pas que c’est impossible, je dis que c’est plus difficile de faire grève quand tu as 3 enfants à nourrir par exemple, que lorsque tu es un.e étudiant. E qui reçoit 1000 euros par mois de ses parents.
      Mais tu as raison : mais le faire sans les risquer, ça n’a jamais existé si on y est pas prêt on sera toujours dans le réformisme parce que les forces conservatrices ne cèdent jamais ❤️

      Je finirai par une citation de toi-même : il y a que ceux qui ont littéralement rien à perdre et un monde à gagner qui changent réellement le monde.

      Par contre, pour moi, l’éthique est ce qui est le plus important. Et chaque personne qui a suffisamment étudié l’éthique n’a, de toute façon, plus rien à perdre. Puisqu’elle prend conscience que ce qu’elle possède n’est rien, ne lui appartient pas, et qu’il n’y a que l’espoir d’un meilleur futur qui peut rendre le présent un peu plus doux. Ou alors faut-il tout perdre, se déconstruire entièrement de ce qu’on nous fait croire depuis notre naissance, pour le comprendre ? Bonne question !

      En tout cas, je suis très heureuse d’échanger comme ça avec toi. Ça m’a surprise que tu sois aussi une fan de Star Trek. C’est pour ça qu’on chipote toutes les deux, entre Trekkers c’est normal 🖖

      Je n’ai réagi qu’à ce sur quoi je n’étais pas forcément d’accord, ou mieux expliquer, ou sur quoi je voulais émettre des réserves. Pour le reste, je suis d’accord avec toi. Merci encore pour ce débat 😁

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  2. Ah d’accord tiens on me le fait pour la première fois tellarite XD j’aime bien. D’habitude on me dit Vulcaine plutôt (à cause de ce que je suis autiste et les gens font le parallèle souvent).
    1-Alors les films récents j’ai appris à aimer pour l’ouverture sur Star Trek que ça a permis a pas mal de nouveaux fans mais c’est vrai que sur certains aspects philosophiques on est assez loin de la formule Star Trek à l’ancienne. Perso l’ancienne j’aime bien parce que j’aime bien Spock mais euh bah même si c’était de gauche à l’époque oui forcément en effet c’est les années 1960 et ça se sent…après pour moi le souci c’est moins que le capitaine a une nana dans chaque spatiosport que celles ci sont pas assez développées je pense. Et puis c’est un peu rattrapé par le fait que des persos féminins mangeuses d’hommes (Jadzia par exemple) on en a eu aussi dans les séries d’après. Oui je suis d’accord avec toi pour que même les épisodes foirés permettent de réfléchir à tout ça mais les pires pour moi c’est quand même une torture de les mater XD. Sur les films de TNG j’aimais pas mal celui avec les Borgs mais c’est vrai que les autres bof. Après oui de toutes les façons ce point est à l’appréciation de chacun forcément je pinaille dessus juste pour que quelqu’un qui a la malchance de commencer par un épisode chiant n’abandonne pas d’un coup en mode on m’a menti remboursez quand d’autres épisodes pourraient lui plaire XD.
    2-Oui ça je comprend très bien qu’on ait envie d’oublier les défauts de la Fédération et d’avec des lunettes roses s’en faire un monde futur meilleur dans lequel aller en rêve pour oublier le déprimant du quotidien ça t’inquiètes je comprends fort bien :). Ah Picard le roi du speech qui booste XD.
    Pour les détails économiques de toute façon on en sait rien mais tes pistes de réflexion me semblent pertinentes c’est vrai que ce serait bien que sur ça l’univers soit détaillé un peu plus par la suite mais qui vivra verra. Si j’imagine une puissance politique et économique sans moyen de défense…non mais bon il y a des Etats sans armée (Japon par exemple) qui s’en tirent autrement mais après oui c’est un peu hypocrite car du coup leur défense dépend de fait de puissances qui elles sont armées. Ce n’est pas tant l’existence de l’armée qui me posait problème dans Star Fleet que le point auquel elle semblait influer fortement sur les politiciens de la Fédération qui me faisait me dire euh…leur système il peut devenir une dictature très vite. Surtout justement dans l’environnement extérieur périlleux qu’ils ont il suffit d’un politicard qui se fait élire avec une politique d’extrême droite militariste sur la base de la menace Klingon ou que sais je et ça partirait très vite en dictature militaire je crains. Pour le coup l’idée qu’une histoire ne peut exister que si elle est fondée sur des conflits c’est une convention scénaristique très occidentale, par exemple dans les mangas y a tout un genre à la Lucky Star qu’on nomme yonkoma/tranche de vie qui est un récit de quotidien fort éloigné de cette pensée du récit en cadre conflictuel et qui peut être surprenamment prenant. D’ailleurs dans TNG partant justement de cette réflexion pacifiste comme quoi fonder tout les récits sur du conflit risquait de militariser les esprits Rodenberry a tenté une narration sans conflit…bon c’est pas très réussi et c’est une des raisons des problèmes de rythme et de crédibilité des relations entre les persos dans TNG mais au moins il a essayé comme quoi c’est dur mais c’est possible de faire de bonnes histoires qui ne tournent pas autour de la conflictualité. Même pour des occidentaux. Vu le succès mitigé de cette formule pour Star Trek je comprends qu’ils aient pas retenté le coup après mais j’aurais bien voulu voir ce que ça aurait donné dans une dimension parallèle où ce type de tentative pour cette saga eut été mieux réussi.
    Sinon désolée d’être plus cynique mais euh ouais super les officiers (fin surtout les second) peuvent parler au capitaine pour lui dire que franchement ils pensent que son idée du jour elle pue la merde c’est vrai mais au final c’est le capitaine qui prend toutes les décisions après avoir écouté les remontrances à ce tarif là les rois médiévaux aussi avaient des bouffons dotés du pouvoir exclusif de leur faire autant de critiques qu’ils le désiraient ça faisait pas des féodalités médiévales des démocraties pour autant. Quand les officiers peuvent s’exprimer autant qu’ils veulent sans pouvoir sur les actes décidés finaux ils gagnent concrètement que le droit de brasser du vent si on regarde les choses un peu durement. C’est plus efficace l’autorité c’est toujours la position des autoritaristes mais c’est pas pour autant que c’est forcément vrai après ça rejoint les débats entre communistes libertaires et communistes autoritaires et c’est vrai que même si c’est pas pour me plaire c’est assez évident que le système présenté dans Star Trek prend la seconde option (c’est ce que j’entends quand je dis que la Fédération est autoritaire pas que c’est une dictature…même si j’ai pas trop de mal à l’imaginer dériver en système de dictature soviétisante à la URSS si placée dans une crise dont elle se remettrait pas). Euh le Liberal c’était plus au sens de on sent l’influence des Liberals américains le parti politique sur la série qu’au sens strictement économique mais oui disons que si tu entends par là que la Fédération est socialiste comme le PS à l’époque où il l’était a pu l’être ou davantage même comme les socialistes utopistes rêvaient de voir se réaliser une société socialiste au plan économique oui ça peut se tenir de voir la Fédération comme ça mais comme toi je la vois pas comme un Etat communiste au sens le plus radical. Pour ENT moi j’aime bien parce que j’aime bien T’Pol et l’ouverture sur le début de l’histoire de la Fédération que ça ouvre mais j’entends tes critiques je les partagent en grande partie après je suis pas difficile sur la SF j’aime bien Star Gate aussi c’est juste que de base quand je suis devant je sais ce que je regarde donc politiquement j’en attends rien je trouve normal d’être plus exigeant envers Star Trek vu ce que la série ambitionne sur ce plan par contre et oui comme toi le recul politique dans ENT ne passe pour moi que parce que bah c’est censé se passer avant TOS donc ça donne une excuse à ce que les persos y soient plus « réac  » que dans la série d’origine des années 1960 en comparaison du coup ça reste relativement excusable parce qu’en le prenant comme ça c’est logique et puis le contexte des US des années 2000 comme tu dis bien sûr. Après le « oui mais c’était les années 60 » excuse le conservatisme de TOS mais pas celui d’ENT et des films récents qui eux pour le coup hors ça on pas vraiment d’excuse sur ce plan. Heureusement pour eux que je suis sensible aux effets spéciaux.
    Pareil l’excuse c’était les années 1980 ne marche que pour TNG.
    Ah ça oui pour la mort de Rodenberry, pour info si ça peut te consoler ils ont balancé ses cendres dans les étoiles selon sa volonté, une fin adéquate.
    Ressortissants de langues humaines dominantes? J’ai pas des millions de souvenirs de chinois, d’indiens et d’arabes dans Star Trek…des blancs et de leurs langues ça parait être plus ça faut avouer. Et puis le coup de « mais si ma SF elle est diverse ok il y a que des blancs chez les humains mais euh…on a des extra terrestres t’a vu comme on est super ouvert » c’est tellement l’argument en mousse classique des fans de SF blancs qui assument pas l’aspect raciste des références du genre…sauf que les aliens en question ont très fréquemment été inspirés de cultures humaines non blanches et que le parallèle pas blanc = alien on a fait plus progressiste clairement. Cela pour le coup c’est un reproche de fan de SF pas lui même blanc très très commun fait à la SF en général et je pense que ça vaut pour Star Trek entre autres. Techniquement aux US il y a des aéroports où t’as une file US Citizens et une file Aliens…c’est pas pour les extraterrestres évidemment mais tu vois le genre de malaise que ce parallèle peut filer quand tu te retrouves à attendre dedans en tant qu’étranger par exemple avec cet imaginaire en tête en mode super les gars ils me prennent pour ET quoi XD( c’est du vécu par une cousine).
    Encore heureux qu’on trouve des femmes…mais c’est que le tiers des persos importants (ils doivent galérer à se reproduire dans cette Fédération) et les persos pas blanc le dixième…donc au fond c’est dans la moyenne de représentation des séries de notre époque (là où les femmes sont 51% de l’humanité et bah euh ok Star Trek est une série US mais si son ambition est de représenter toute la Terre dans les persos humains dans l’idéal faudrait au moins 80% de persos pas blancs et une bonne moitié des blancs de peau qui soient latinos, est européens ou juifs askhénazes pas tous ouest européens ou américains le moins qu’on puisse dire si on part là dessus c’est que dans Star Trek on est loin du compte).
    Euh concernant la réaction de Janeway a ce qu’elle voit ok elle est ouverte mais le personnage de Chakotay lui n’a pas été joué par un Natif américain et a été fondé sur le récit d’un type qui prétendait avoir un savoir sur la culture native américaine mais en fait ils ont écouté un charlatan et le portrait est donc bien plus New Age que réaliste…encore ils eussent été trompés par le dit charlatan et aurait présenté leurs excuses aux Natifs américains a posteriori ça aurait pu s’excuser mais ils l’ont jamais fait.
    https://www.reddit.com/r/FanTheories/comments/3w1bcl/star_trek_voyager_chakotays_native_american/
    In universe t’as des gens pour trouver à Chakotay l’excuse de représenter un homme qui essaye de se reconnecter à l’héritage spirituel de ses ancêtres sans forcément le connaitre et donc fait des erreurs comme ça peut clairement arriver…mais IRL de la part des scénaristes ce portrait était indubitablement raciste. Sinon autant que globalement TOS, TNG, DS9 et VOY étaient en avance sur leur temps autant le Star Trek des années 2000-2010 non pas trop et pour les séries en cours…j’attends de voir la fin pour en juger.
    même si les éléments culturels restent, il y a quand même une grande tendance à une uniformisation des modes de vies et des institutions.
    Dit t’es déjà allé hors d’Occident un jour? Pour de vrai je veux dire? Ou même juste en banlieue parisienne? Parce que trouver même aujourd’hui une société à bien moins forte domination blanche et nettement plus métissée que ne l’est la Fédération c’est pas dur même maintenant…en fait je vis dans une ville dont c’est le cas tout les jours donc forcément pour moi le contraste est très saisissant. La télé : Ouais on est beaucoup plus ouvert à toutes les cultures dans ce futur.
    Moi : Ouais euh je suis toujours au XXIème siècle à ma connaissance et pourtant c’est vachement plus diversifié à ma fenêtre qu’à l’écran…la télé se fout de ma gueule là.
    Cela sort de l’histoire forcément.
    L’OMS n’est que médicale a ma connaissance…la Fédération a l’air de diriger un peu tout donc l’ONU me paraitrait plus approprié que l’OMS…l’ONU mouais si on veut pourquoi pas mais c’est quand même un portrait très eurocentré qu’on voit à l’écran même par rapport à ce qu’est l’ONU.
    L’alien du jour oui je suis assez d’accord avec ce que tu dis dessus à un contre argument pré…techniquement en dehors des oreilles pointues d’elfes de l’espace physiquement les Vulcains ressemblent à des humains en tout point de l’extérieur…pourtant le travail scénaristique de leur culture et de leur anatomie interne fait qu’on sent leur différence fort bien…là où l’alien du jour souvent nettement moins…bon ils ont pas eu le même temps pour les développer c’est sur mais ça montre que c’est pas qu’une histoire de budget non plus.
    Pour l’épisode avec Keiko ok c’est vrai que mon souvenir datait un peu mais si c’est comme tu dis alors ça va mais pour le coup de tout le monde est athée ou agnostique chez les humains du futur de Star Trek…certes Picard le dit dans TNG mais dans les séries d’après pas mal d’aspects contredisent ça donc je suis pas sure que cette excuse passe sur DS9 par exemple. Et clairement des représentations positives du christianisme pré TNG on en a eu a plusieurs reprises dans Star Trek : https://memory-alpha.fandom.com/wiki/Human_religion…sans compter que les persos extraterrestres eux sont tout à fait autorisés officiers de Star Fleet ou non à mettre en avant leur religion paye ta logique…et puis il y a des trucs…le rapport des Vulcains à la logique par exemple…qui semblent parfois philosophiquement si mystiques que ça filtre avec la religiosité mais là ça passe car alien…va comprendre. La Fédération est tellement athée que ressusciter le katra de Spock ne lui pose aucun problème XD. Je crois que c’est surtout parce que la série que tu prends le plus en référence sur la religiosité dans Star Trek est TNG que tu dit ça mais c’est la seule version où c’est vraiment cohérent…l’athéisme laïc de la Fédération est nettement moins évident dans les autres versions de Star Trek…DS9 Sisko devient carrément un Prophète (bien malgré lui certes mais tout de même), Kirk se dit clairement monothéiste dans Who Mourns For Adonais (et explique au passage que le monothéisme c’est grave mieux que le polythéisme ce qui est contestable), Janeway accepte de participer à un rituel religieux chelou pour ramener Kes à la vie et dans Enterprise Phlox dit qu’il a visité un monastère bouddhiste au Tibet ok il y a aucun exemple où c’est très mis en avant parce que c’est pas le sujet et ça c’est normal mais pas mal de religions terriennes ont un clin d’œil ou deux à leur égard dans Star Trek et l’islam jamais. En plus…même Picard fête Noël ok de façon séculière mais c’est donc un héritage culturel chrétien qu’il assume…on a pas d’équivalent avec Bashir et une fête musulmane du tout et ça aurait pu même en le gardant athée fêtant cela de façon séculière mais non. En plus si pour les représentations religieuses l’athéisme ou du moins la laicité supposée de la Fédération est un problème j’ai envie de dire ils se sont jamais gêné pour faire des épisodes retour sur la Terre du passé…c’est une occasion qui tend la perche mais ils l’ont jamais saisie.
    Que les artistes partent de leur prisme culturel pour réaliser une œuvre est normal…peut être que la saga ait engagé des artistes qui avaient tous plus ou moins le même (depuis plus de 50 piges) est plus critiquable par contre. Je pense pas qu’ils aient à attendre des fans de SF d’un cadre culturel moins blanc pour les chercher…des fans de SFFF pas blancs qui rêvent que de pouvoir écrire leurs scénars dans le monde y en a plein vraiment…aux Etats Unis aussi sans doute…ça m’étonnerait qu’ils aient jamais tenté de passer la sélection d’entrée comme scénariste d’une des sagas de SF les plus populaires…pourquoi ça ne passe pas je ne sais pas mais je pense qu’il y a plus de chances que ce soit du à des préjugés de préférence d’idées culturelles proches des leurs de la part des recruteurs qu’une question de talent.
    Euh…peut être que l’antisémitisme perçu dans le portrait des Ferengis a été renforcé par le fait que c’est la seule espèce alien de Star Trek a être jouée principalement par des acteurs juifs? Qui eux mêmes notamment l’acteur de Quark d’ailleurs ont souvent fait état de cette tension dans leurs interviews en mode ok ce portrait est ultra antisémite mais…on m’acceptera pas ailleurs dans un meilleur rôle à Hollywood donc je tente ma chance en faisant le maximum pour complexifier mon rôle et le nuancer autant que je peux. Il y a pas de lien entre la vraie culture juive et celle des Ferengis mais celle des Ferengis correspond clairement à ce que les antisémites imaginent que la culture juive est. C’est tout le paradoxe…dans lequel les acteurs juifs jouant les Ferengis se retrouvent pris. Après culturellement certains disent que les Bajorans sont plus proches de la culture juive que les Ferengis et c’est pas faux même si…euh…c’est clairement une vision de personne pro Israel de dire ça parce que comparer les Bajorans à des juifs revient à sous entendre que les Cardassiens seraient des palestiniens j’imagine que tu vois dans quel genre de foutage de gueule ça peut partir si on fait ce parallèle qui peut devenir raciste d’une autre façon très très vite. Et puis c’est pas les Bajorans qui sont joués par des acteurs pour la plupart juifs. C’est moins connu mais en raison de leur peau foncée les Klingons sont aussi joué plus que toute autre espèce alien de Star Trek par des acteurs noirs et là aussi cela ne veut pas dire que ni les Klingons ni les Ferengis soient à 100% des métaphores de noirs et de juifs à peine déguisées mais clairement qu’une part assez forte de stéréotypes sur le physique et la culture des noirs et des juifs a joué dans leur élaboration qui explique ces choix d’acteurs au bout du compte et l’aspect assez ambivalent de ces aliens fictifs vis à vis du racisme réel…bien qu’en effet il y ait aussi d’autres inspirations (la russie soviétique ou les peuples de Mongolie ont inspirés certains aspects des Klingons, les règles de l’acquisition Ferengi sont tout à fait fictives etc…) je trouve quand même dur de louper celle là sans le faire exprès.
    Dirions-nous que les Droits de l’Homme s’imposent trop ? Pour le coup si tu compares avec l’ONU j’ai envie de te dire que beaucoup de gens dans des pays membres se gênent pas pour le penser…la critique philosophique des droits de l’homme est très vive dans de nombreux pays notamment en Chine et est loin de ne venir qu’exclusivement de réactionnaires il y a beaucoup à en dire. Les droits de l’homme sont quand même un idéal occidental qui a beaucoup été imposé IRL de façon coloniale justement, c’est tout un débat. Cela nous éloignerait cependant considérablement du sujet initial parce qu’on partirait sur des débats philosophiques et géopolitiques réels sans lien du tout avec Star Trek en développant ça pour le coup.
    Mettre en scène une utopie socialiste et inclusive ne veut pas dire mettre en scène des personnages parfait.e.s. Sinon on s’ennuyerait pas mal devant nos écrans !
    Donc il faut des inégalités quand même parce qu’un paradis communiste à vivre ce serait trop chiant? Je trolle mais face à ce genre de réactions ça pose question.
    « Star Trek a toujours défendu les communautés amérindiennes, critiquant vivement leurs traitements et surtout les politiques xénophobes et conservatrices. « …euh je voudrais pas casser tes rêves donc je rentrerais pas dans le détail mais de l’autre côté de la caméra non clairement pas.
    Après pour le cas de Terra Prime ça existe sur Terre avant l’établissement de la Fédération dans ENT et on peut supposer que ça finit par disparaitre après si je me souviens bien mais sincèrement c’est assez réaliste qu’après le premier contact d’une civilisation non humaine la réaction d’au moins une partie des humains soit de fonder ce genre de groupe terroriste xénophobe je doute hautement que ça n’arriverait pas si une civilisation extraterrestre entretenait un jour avec les humains des contacts réguliers dans un futur proche.
    C’est à dire que les persos majeurs de Star Trek qui sont dans les sciences dures :
    1-Spock (on sait pas trop dans quoi mais ça sonne plus sciences physiques et très sciences dures…en dehors de la philosophie logique vulcaine j’ai beaucoup de mal à l’imaginer aussi à fond sur les sciences humaines lui clairement).
    2-Data (souvent malgré qu’il soit pas censé être en bleu a un rôle de t’expliquer la science façon Spock dans pas mal de scènes).
    3 à 7 : Mac Coy, Beverly Crusher, Bashir, le HMU et Phlox : Médecins…position scientifique et position jugée suffisamment essentielle pour être toujours reconduite. Ce n’est le cas d’aucune science humaine pas même de la position de conseiller. Ok le rapport de la médecine à la science est complexe et elle a un aspect très humain mais la plupart des gens la classent sciences dures surtout dans sa version très assistée techniquement et fondée sur la médecine basée sur des preuves plus que sur les traditions à l’ancienne. Et clairement cette médecine « moderne » est celle
    majoritairement mise en avant dans Star Trek même si à l’occasion il arrive aux officiers médicaux de s’inspirer d’autres méthodes médicales.
    8, à : Scotty, La Forge, O’Brian, Bellana et euh Reed je crois ou Mayweather j’avoue j’ai oublié : ingénieur. Autre position « obligatoire »…elle aussi plus axée science dure dans Star Trek…enfin STEM on peut dire que c’est plus de la technique que de la science mais bon ça s’apprend en section S quoi XD.
    9- Seven (comme Data parle très souvent sciences dures quand même)
    10-Jadzia : Officier scientifique en posture assez proche de celle de Spock dans TOS.
    11-T’Pol : Officier scientifique (la position vulcaine…il est illégal de ne pas être dans les sciences dures si tu es un perso central vulcain limite y a que Tuvok qui s’en tire XD).
    12-Harry Kim : C’est censé être un ensign et un pilote mais quand il parle on entend surtout du technoblabla.
    13-Wesley Crusher : Clairement la majorité de la série sa présence implique beaucoup de technoblabla même si il finit par choisir une autre voie.
    A côté de ça aucune position « obligatoire » de sciences humaines et comme seuls persos dont c’est vraiment le métier majeurs :
    1-Uhura linguiste.
    2-Hoshi, linguiste aussi.
    3- Deanna Troi, conseiller.
    4-Ezri Dax, conseiller.
    Tu vois le déséquilibre? Et euh…Neelix est cuisinier…clairement si ils avaient voulu mettre des persos avec des jobs moins classiquement attendu ils auraient pu vu qu’ils se sont déjà pas gênés pour précédemment c’est donc un choix de ce qu’ils mettent le plus en avant…soit les compétences militaires et les STEM.
    (Je prendrais en compte les séries en cours que quand je les auraient finies).
    Euh alors pour connaitre un max de prolos chomeurs artistes clairement c’est pas rare du tout le chômage donnant à ces derniers le temps libre qui manque à la plupart des prolos pour la création artistique. Ceci dit et ça date pas d’hier des types au courage surhumain qui faisaient des productions artistiques de qualité en plus d’un travail ouvrier classique il y en a toujours eu un certain nombre et on en trouve plus que jamais avant de nos jours le prolétariat ayant plus que jamais avant accès à tout ce bagage culturel nécessaire à des productions « intellectuelles »…combien je connais d’intellos philosophes fauchés…un énorme paquet clairement…dont beaucoup ont passé un temps plus ou moins long à la rue dans des conditions plus que démunis et avaient pourtant réfléchi énormément et m’ont appris plein de trucs. Et des rappeurs issus de la rue pour de bon aux textes qui te font bien gamberger quand même y en a.
    Euh alors tout ces intérêts que tu cites (et ne me fais pas dire ce que j’ai pas dit j’ai rien contre le fait que des gens aiment la culture classique y en a c’est leur droit mais que ce soit ce qu’il y ait de plus mis en avant au détriment de tout le reste là ça montre un certain discours dans une série par contre)…et euh oui certes il y en a qui préfère le jazz mais bon Star Trek a pas été écrit dans les années 1930 mais a une période surtout TNG où le gout du jazz dans la haute société fait quand même assez peu scandale…à côté de ça le seul morceau de métal par exemple qui est passé dans la série c’est la fille extraterrestre du film tout récent Star Trek Beyond qui l’a passé et Scotty se plaint qu’il trouve que c’est que du bruit. Paris c’est rock oui mais tu le dit toi même assez à l’ancienne oui les séries neuves se sont un peu réactualisées sur cet aspect mais il était temps.
    En vrai par contre sur l’homosexualité, la bisexualité, les partouzes et le féminisme je crois que Star Trek est pro tout ça depuis assez longtemps mais plus en feutré mais bon les partouzes…euh la légèreté sexuelle tu l’as dis toi même les aventures de capitaine séduction dès TOS la mettait assez en avant et ça a toujours été assez fort dans Star Trek cet aspect, l’homosexualité ok ils l’ont jamais assumé mais si Star Trek TOS est ce qui a donné naissance au slash c’est pas tout à fait un hasard non plus…bisexualité bah euh Jadzia et féminisme…tu l’as dit toi même dès le départ ils ont essayé de mettre des femmes à des hauts postes…tout ça c’est plus dans la continuité que vraiment neuf pour la série.
    Star Trek : Picard j’ai surtout pris la thématique autour des droits de la vie artificielle comme prenant le tournant des débats IRL qu’on a autour de ces questions concernant l’IA et tentant d’y donner « la réponse Star Trek » mais j’aime beaucoup du coup même si j’ai encore vu peu d’épisodes.
    Tu dis :
    « De là à parler d’anthropocentrisme, je ne sais pas. Mais sans doute que vu que Starfleet compte bien plus d’humains que d’autres espèces »…bah oui justement c’est le problème t’as pas tellement de scènes inverses où par exemple un humain entouré de vulcains se retrouve jugé « tellement humain » de façon pas méprisante mais en mode « oh c’est typique » les scènes les plus proches dans ce sens inverse sont toujours du mépris ou du racisme explicite comme par exemple le moment dans les nouveaux films où Spock enfant se fait chahuter par des gamins vulcains pour
    avoir une mère humaine. Cela donne quand même l’impression que ce genre de plaisanterie seraient nettement moins bien vécues en sens inverse…d’ailleurs coincé sur un navire klingon il y a un perso, Riker je crois, humain qui a un moment s’en plaint pas mal.
    « Mais tu as raison : mais le faire sans les risquer, ça n’a jamais existé si on y est pas prêt on sera toujours dans le réformisme parce que les forces conservatrices ne cèdent jamais »…oui je le dis clairement et le redis pour être bien sûre d’à quoi les gens sont prêts pas par mépris des réformistes mais justement pour leur éviter de finir en candide chair à canon dans les manifs tendues…c’est souvent les premiers visés par la répression policière avec ceux dont c’est la première manif pour les dissuader de revenir…toi quand t’es repérée et fichée depuis longtemps comme ayant des idées révolutionnaires paradoxalement t’y risque moins gros parce qu’ils savent très bien que rien te feras changer d’avis surtout quand t’es dans ce cas depuis longtemps…donc résultat ceux qui prennent le plus cher en manif c’est ceux qui ont pas eu ce mémo ou l’on pas pris au sérieux et se sont retrouvés à devoir affronter un degré de violence qu’ils n’attendaient pas de la part des forces de l’ordre. Je préfère prévenir avant que guérir les dégâts quand c’est trop tard.
    Euh c’est une citation de moi qui cite Marx alors rendons à Marx ce qui est à lui hein XD.
    Bah écoutes je te souhaite pas de tout perdre je constate juste que ceux qui ont vraiment plus rien c’est les plus motivés pour tout envoyer en l’air ce qui est assez logique. De toutes les façons même si tu jouais les Bouddha à faire vœu de pauvreté et tout lâcher de ce que t’as ce serait pas la même posture que quelqu’un qu’a tout perdu pas par choix, la rue j’ai vécu bien que fort peu de temps et j’ai pas envie de le refaire je suis bien contente d’avoir à nouveau un toit sur ma tête. J’idéalise pas ma pauvreté c’est quand même très dur à vivre. Je dis juste que c’est dans l’ordre logique des choses que les plus motivés à tout changer soit ceux que tout dans le système actuel défavorise.
    Ah ça t’as surprise? Tu me connais pas en même temps c’est normal mais ça agace plus que ça ne surprend mon entourage (même si j’ai réussi à convertir ma mère, mon père et une bonne part de mes amis mon frère résiste encore et toujours à mon grand désarroi), je crois qu’on en a un peu parlé mais on a toutes les deux un côté geek donc c’est pas si étonnant qu’on se retrouve là dessus. Tu l’as trouvé où le gif je l’ai pas moi, il est bien fait. Longue vie et prospérité.
    Merci aussi pour ce débat. Cela me fait toujours très plaisir.

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    1. 1. Lol c’est vrai que Kirk est chaud lapin 😅
      Jadzia est l’une des meilleures protagonistes féminines, je l’adore. Le paradoxe est qu’elle se retrouve mariée avec Worf, conservateur et pas très fun comme mec, faut dire. Après y’a Kira, la révolutionnaire qui vient toujours dire qu’elle est pas contente. Nana Visitor est juste magnifique dans ce rôle !
      2. Ouiiiii surtout dans les anciennes séries. Je te conseille vivement Star Trek: Picard si tu veux voir les limites de l’utopie de la FPU et surtout la corruption, et la déchéance d’une civilisation, pourtant inclusive, qui a sombré dans la xénophobie en succombât à la peur. Les premiers épisodes sont un peu déprimants quand tu as l’habitude de la communication positive et des dialogues intelligents de TNG mais après, ça claque ! Tu le dis dans ton commentaire : la FPU peut vite devenir une dictature du fait de son bras armée et ça n’en est pas loin dans Star Trek: Picard. Mais heureusement, on voit un Picard qui n’a rien perdu de son universalisme et qui est totalement anéanti par ce virement de politiques de la FPU qui se retrouve à suivre une extrême droite xénophobe et anti-synthétique. De plus, privé de ses priviléges de Capitaine et esseulé, il fait partie d’un petit groupe de « laissé.e.s pour compte » de la FPU et ça change énormément l’angle : l’utopie se transforme en distopie en quelques épisodes. Ça illustre bien ce dont tu parles.
      Il y a plusieurs spécialistes en droit qui ont écrit des livres sur l’univers de Star Trek en tant que régime socialiste. Ils.elles ont donc imaginé et étendu l’univers en fonction de ce qui pourrait ou non exister, fonctionner, du point de vue juridique. J’en ai mal que des extraits mais il y a un livre qui m’a l’air incontournable si on veut creuser davantage : Le droit selon Star Trek de Fabrice Defferrard.

      Huuum je parlais pas forcément de conflits au sens combats ou guerres mais plutôt dans le sens d’une opposition. De point de vue, de goût, etc. Tout est argumenté dans Star Trek. Ce qui fait que même une différence d’opinion sur la thématique du suicide assisté ou de l’amour deviendra un débat enrichissant et passionnant. Mais il faut bien qu’il y ait deux ou plus de points de vue si on veut décrire un débat. C’est vrai que les œuvres nippones, Totoro ou Violette Evergarden en tête, sont douées là dedans : une bienveillance, un pacifisme, leur culture est très tourné vers « autrui », vers le « groupe » pour le meilleur comme pour le pire. Sinon, y’a aussi Battle Royal, Suicide Club ou Ju-on en mode moins mignons 🤣

      Après Star Trek part du principe que les officiers de Starfleet sont assez bien éduqués, intelligents, à l’écoute et éthique pour prendre en compte les avis divergents au sein de leur bâtiment. On le voit notamment avec Janeway lorsqu’elle doit faire la fusion Maquis/Starfleet sur le Voyager et qu’elle suit les directives de Chakotay, un maquisard qu’elle a nommé Capitaine en Second. Y’a de la volonté d’écoute et de compréhension quand même. Après y’a pleiiin d’exemples tout au long des épisodes où, ouais, il y a des capitaines qui font n’importe quoi, qui cherchent vengeance, ou particulièrement, des amiraux qui ne supportent pas qu’on conteste leurs ordres. C’est vrai qu’en réalité, la FPU cherche elle-même à atteindre une utopie qu’elle ne gère pas encore assez bien. Picard apparaît comme l’un des seuls personnages à avoir une éthique irréprochable, même s’il fait parfois des erreurs (notamment, l’épisode de TnG qui m’a le plus choquée, c’est quand on voit Riker tuer des clones de lui et de son capitaine sous prétexte qu’ils ont été créés sans l’accord des originaux. Mais WTF, ils étaient déjà et quand même en vie ces clones ! Les supprimer sans même leur parler, c’était particulier… De même pour la façon dont la FPU traite les hologrammes ou les synthétiques. Au début, ils n’ont pas de droits même au XXIVe siècle et on a le droit au magnifique épisode sur le statut de Data avec Maddox pour empêcher le pôle de recherche sur les synthétiques de Starfleet de le démembrer). Elle se veut inclusive et universaliste mais ça merde encore un peu dans leur définition de « forme de vie ».

      Oui d’accord, je comprends maintenant ce que tu voulais dire par autoritaire. Je vois plus la FPU comme une forme de socialisme qu’on a pas encore connue, mieux, plus inclusive, plus universaliste, plus intelligente (mais possible grâce à une évolution culturelle, philosophique et sociale des sociétés humaines, et non-humaines, basée sur l’envie de découverte, la science, le partage et le respect, et donc déployant d’énormes moyens pour son service public, pour des politiques de protection sociale et pour ses missions diplomatiques. En somme, un socialisme qui n’aurait pas foiré à cause d’un capitalisme libéral qui transforme tout en une logique de marché cruelle et déshumanisante, d’un conservatrisme qui empêche le progrès et prône l’intolérance, d’idéologies de merde comme on en trouve partout dans le monde qui polluent l’esprit des gens. Parce qu’on a beau dire qu’on a déjà essayé « le socialisme », on l’a extrêmement mal fait et c’en était pas vraiment. On n’a jamais eu l’égalité homme/femme par exemple, en 2020, ça commence mal !
      Ah oui, tu as totalement raison pour ENT. C’était très décevant de voir la série Star Trek faire dix pas en arrière d’un coup…

      C’est beau comme fin, pour Roddenberry 🌟🖖

      Alors des asiatiques, il y en a dans chaque série, à des postes relativement importants, des arabes également et notamment Bashir qui est un personnage très important de Ds9, et des personnages racisés, il y a en a beaucoup, à des postes divers. Tuvok, Kim, Keiko, Sisko, Jake, Bashir, LaForge, etc. Rien que dans le fond des vaisseaux, tu vois des figurant.e.s de toutes origines passé.e.s derrière les personnages principaux durant les scènes. Après, il n’y avait pas toutes les cultures représentées effectivement. Même les races fondatrices de la FPU ne sont pas toutes représentées, on y voit clairement les humain.e.s en majorité, suivi.e.s des vulcain.e.s.
      Pour ce fait, c’est expliqué (même si c’est douteux). Même si la FPU est totalement inclusive et dépend d’un conseil multi-ethniques, inter-racial, Starfleet est davantage une suite, une extension de l’armée terrienne, avant création de la FPU. Après heureusement que dans Discovery, qui est censé se passer juste avant la série originale, on voit beaucoup beaucoup d’espèces différentes à bord.
      Hahahaha 🤣 tu as raison pour la représentation des femmes, il y a peu. Dans Discovery et Picard, la parité est respecté. Mais les personnages féminins de toutes les séries sauf l’originale et Enterprise, sont des protagonistes très importantes, qui envoient du lourd. C’était déjà pas mal ! Notamment une femme médecin, une conseillère diplomatique, des scientifiques de toute sorte, une représentante de l’état major d’un peuple et une capitaine, etc.,. L’important n’est pas tant de respecter la parité à la lettre, mais surtout de créer et de faire vivre des personnages féminins forts et intéressants, indépendants des protagonistes masculins pour exister dans le scénario.
      Tu n’as pas tort pour Chakotay. C’est plus représentatif d’un imaginaire que les Occidentaux ont pu se faire de la culture amérindienne que représentatif de cette culture en elle-même, perçue par les native american. On le voit aussi dans X-Files notamment, avec des épisodes un peu WTF (mais bon, Chris Carter fait de même avec toutes les autres cultures, contes et légendes). Il est vrai que les scénaristes auraient du faire en effort d’historicité, plus de recherches et écouter les récits de vie des personnes concernées. C’est un peu scandaleux. Après, s’ils se sont faits bernés, c’est une autre histoire.

      Alors oui, j’ai vécu 9 mois en Thaïlande, j’ai voyagé au Japon, en Grèce, en Allemagne, au Danemark, en Espagne beaucoup aussi et en Italie. J’ai une formation d’anthropologue et de philosophe, donc à priori je suis pas totalement perchée en mode « occidentale », et j’ai vécu toute ma vie dans une ville cosmopolite.

      Je fais bien la différence entre la réalité et les représentations artistiques qui en découlent. Comme dit, les artistes, notamment Cinéma et Télévision, c’est déjà une partie particulière du domaine artistique, souvent un peu plus aisé. Après, tout ça tend à disparaître et c’est pour le mieux, mais tu ne peux pas comparé la réalité des années 80 avec ce qu’on montrait à la télévision à ce moment là aux U.S.A. Il faut d’abord étudier ce qui était « politiquement correct » de montrer. L’important dans Star Trek était que ce premier baisir inter-ethnique à la télévision a permis à des gens de s’afficher plus ouvertement et à d’autres artisitet d’oser et ainsi de suite… Jusqu’à une évolution positive de la société. Ce n’est qu’un exemple. On n’est même pas encore sorti du conservatisme, du racisme, du sexiste et du capitalisme, alors forcément ce qu’on montre à la télévision n’est pas totalement représentatif. Et c’est délibéré de leur part, voulu par une élite bien particulière qui lâche les financements. Roddenberry a bien du insister auprès de Paramount pour mettre en scène des relations transgenres, inter-ethniques ou inter-raciales. Mais j’estime que l’Art a ce devoir de transformer les opinions, de développer la tolérance. Il ne faut pas nier l’impact et l’influence qu’ont les repsentations artistiques sur nos préjugés et nos façons d’être.

      Bah non c’est toi qui trouve ça illogique. Au sujet de la religion dans Star Trek, elle est totalement acceptée et respectée vu que la FPU tolére sans souci le communautarisme. La religion ne vient juste pas interférer dans l’exercice de ses fonctions d’officiers du service public. Lorsqu’ils.elles en discutent c’est toujours en dehors du pont, d’un combat, etc. Parler de sa religion ou même la faire découvrir à son équipe est vivement encouragé puisque cela fait partie d’une découverte culturelle, d’un besoin de connaissance, d’une envie de partage. Il n’y a pas d’opposition entre être athée et s’intéresser aux religions d’un point de vue culturel par exemple. Ce qui est critiquer dans Star Trek, c’est le fait qu’une idéologie religieuse passe devant une éthique philosophique, humaniste et universaliste. Parce que lorsqu’une personne porte l’uniforme de Starfleet, elle devient le.la représentant.e de la FPU. Si elle passe après, y’a pas de souci. Si elle ne le souhaite pas, elle ne cherche pas à entrer à Starfleet. Y’a pas de service militaire obligatoire 🤣
      La philosophie vulcaine est clairement définie comme une philosophie et pas une religion dont découle d’ailleurs les principes de la FPU.
      Mais dans son inclusivité et son universalisme, la FPU n’a jamais cherché à faire disparaître les religions et n’importe qui peut devenir croyant.e.
      Quant à la religion bajorane, beaucoup d’épisodes mettent en scène justemment le fait que Sisko est totalement perturbé par le fait qu’il soit devenu l’émissaire des prophètes (juste le messager, pas un prophète qui est un espèce à part) et tout est montré pour que le spectateur voit même que les membres de cette espèce qui sont considéré.e.s comme des prophètes par une autre race d’aliens ne le souhaitaient pas réellement. La FPU refuse d’ailleurs au départ que Sisko accepte d’être l’émissaire. Lui-même ne le veut pas. C’est imposé pour des raisons politiques. Parler et mettre en scène des religions et des faits religieux dans une option laïque est davantage un travail anthropologique, sociologique et philosophique de la part des scénaristes, pour justemment montret cette opposition laïcité/croyance. Le système de castes bajoran sera beaucoup critiqué, par exemple car non tolérable dans une Fédération égalitaire et inclusive, etc., etc.
      Il y a clairement une volonté de montrer Sisko en laïc convaincu, acceptant difficilement ce rôle (que Picard aurait d’ailleurs totalement refusé dès le début 🤣 on le voit avec l’épisode de TnG où il devient le dieu des Mintakiens malgré lui, il pète un câble). Kirk est bien chrétien oui, mais je mets ça sur le compte d’un puritanisme chrétien à l’américaine, surtout des années 60 (totalement paradoxal à son côté « je-nique-tout-ce-qui-bouge d’ailleurs). Et qui est toujours bien présent d’ailleurs aujourd’hui en Amérique, entre hypersexualisation du corps et puritanisme chrétien, c’est pas étonnant que cette société soit totalement skyzophrenique.
      Après oui, y’a clairement un héritage culturel judéo-chrétien assumé dans Star Trek. Vu la culture de Roddenberry et de ses scénaristes.
      Tu dis ça mais il y a des épisodes qui ont été écrit par Levar Burton par exemple. Après c’est vrai qu’en pourcentage c’est infime. Mais il y avait aussi Woopie Goldberg en conseillère. Pour l’époque, c’était déjà pas mal.
      Ah je l’ignorai totalement pour les Ferengis, je vais me renseigner à ce sujet. Les Cardassiens sont clairement un empire totalitaire, conservateur et basé sur la famille, puis la patrie, comme pilier de leur civilisation. On pourrait citer presque toutes les civilisations du monde à une époque donnée.
      Les Klingons sont quant à eux clairement inspirés des cultures guerrières où l’honneur est très important : Viking, Samouraï, Huns, etc. Il y a des détails et des réactualisations de plusieurs cultures différentes. Le fait qu’ils soient joués par des acteurs n’est pas tout simplement dû au fait que les Klingons sont de cette couleur ?
      Je ne pense vraiment pas que les cultures aliens visaient des communautés réelles et humaines en particulier. Malheureusement les biais cognitifs des scénaristes et les préjugés des artistes de l’époque ont joué, c’est certain. Et parfois négativement.

      Alors je suis d’accord avec toi sur les Droits de l’Homme (et de la Femme, merde 😂), mais ça reste bien aujourd’hui le seul idéal un peu près éthique qui existe déjà et nos sociétés tendent d’atteindre. Il faudrait déjà y arriver, et ensuite le remplacer par quelque chose d’encre mieux.
      Non, je ne dis pas que EN VRAI il faudrait des inégalités dans un paradis communiste pour pas se faire chier 🤣 je disais que pour convaincre des gens, des spectateur.trice.s, pour qu’ils.elles puissent apprécier un débat, comprendre des arguments, réfléchir par eux.elles mêmes, il faut montrer une opposition, l’analyser, l’étudier, la rendre interactive. Sinon comment convaincre et motiver les gens ? Comment changer des opinions ? Comment faire réfléchir ? Il y a d’autres options, c’est sûr. Mais celle-ci paraît intelligente. Picard et son art de la rhétorique réussit plutôt bien son coup à ce niveau là 😁
      Alors même si Star Trek a possède des biais cognitifs un peu wtf sur les communautés amérindiennes, il n’empêche que la saga pose la question des réserves, de la colonisation, de l’appropriation culturelle. Rien que poser ces questions à cette époque, c’est déjà permettre à une partie de son public de réfléchir sur ces thématiques. C’est mieux que de montrer une série avec un bad boy et une culture du viol en veux-tu en-voilà avec des personnages féminins totalement dépendants des volontés d’un héros masculin, par exemple. Je dis pas que c’est parfait, mais c’est déjà ça. J’en ai bien conscience, ne t’inquiète pas pour moi.
      Je ne parlais pas de ce qui se passait derrière la caméra mais vraiment de l’utopie rêvée par Gene Roddenberry. Après comme toute utopie, ça passe pas forcément par les meilleures solutions et les meilleurs conditions du monde. L’important c’est que la saga n’a jamais perdu de vue ce progressisme et ces questionnements éthiques 💚

      Oui, Terra Prime c’est le Rassemblement National de la Galaxie 😂 « La Terre aux terriens ! » « Halte au racisme anti-terrien » comme dirait son pendant, Terra Firma, dans Mass Effect.

      On y voit des officiers de Starfleet en grande majorité, c’est normal que sur un vaisseau les sciences dures et le savoir technique sont d’importancr extrême. Pour autant, tous les personnages nécessitent d’autres compétances dans des domaines artistiques et de sciences humaines. Les études à l’Academie comportent bien plus que les sciences dures. Il ne faut pas faire la comparaison avec notre séparation un peu idiote, dans nos écoles et universités, entre les sciences « dures » et les sciences dites « molles ». Cette séparation semble bien dépassée au XXIVe siècle. Et un bon nombre de personnages principaux ou secondaires non-appartenant à Starfleet sont des historiens, archéologues, anthropologues, écrivains, journalistes. Après tout, il n’y a rien d’étonnant à ce que le domaine artistique soit mis en avant par des scénaristes dont c’est l’activité principale. Comme tu l’as dis dans ton précédent commentaire, des références à l’art, à l’histoire, à la sociologie, à la criminologie, à la psychologie, à la philosophie, on en mange à toutes les sauces dans Star Trek. Après les officiers de Starfleet sont clairement une élite qui en plus de gérer les postes essentielles et nécessaires au bon fonctionnement d’un vaisseau, ont des compétences dans un multitude de domaines différents et le fait que le domaine artistique et culturel y soit aussi présent et appuyé dénote d’un intérêt fort pour les sciences humaines et artistiques. Après c’est totalement normal qu’il y a plus besoin d’officiers et d’ingénieurs pour faire tourner un vaisseau. Mais ça manque certes d’anthropologue et d’archéologue pur et dur ! Et même Burnam, dans Discovery, qui avait ce titre… On la voit peu étudier ou faire des recherches sur la culture klingonne au final. C’est vraiment dommage.

      Pour Spock oui, son métissage est très bien mis en scène par d’ailleurs. Il en est de même par B’llana et Alexander. Des épisodes sur les difficultés de se sentir entre deux cultures, déjà dans les années 80, c’était aussi plutôt progressiste.

      Après il y a aussi les klingons qui aiment bien se foutre de la gueule des « faibles humains ». Et de nombreuses civilisations se retrouvent à critiquer la FPU en les traitant de « d’arrogants pleins de bons sentiments hypocrites ». Il n’y a pas que Spock qui en prend pour son grade ! Surtout que ça reste toujours assez bienveillant de la part de l’équipage.

      Comment être fan de Star Trek peut « agacer » ton entourage ? 🤣
      Hahaha je sais pas, le 🖖 est sur mon téléphone avec les autres smileys.

      Longue vie et prospérité à toi également 😉

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